Résumé
Suite de «Naissance et Sacrifice.»
" Sarah, la petite fille de Suzy est désormais âgée de 3 ans. Les deux filles vont être les victimes d'un démon, qui se servira d'une personne proche pour les atteindre.
Voilà donc les deux frères Winchester repartis sur une mission qui les conduira une nouvelle fois à Fayetteville, où ils devront faire face à cette force démoniaque.
Mais cela ne sera pas de tout repos car Sam est en proie au même cauchemar, depuis plusieurs nuits, sans arriver à savoir ce que celui-ci peut signifier. Cette situation l'épuise et inquiète Dean, car son cadet ne veut rien lui dire sur ce qui le préoccupe… "
Message de l'auteur :
J’espère que ce second épisode virtuel vous plaira.
Tous commentaires constructifs sont les bienvenues, n'hésitez donc pas à me donner vos avis par un commentaire.
Sur ce, je vous souhaite une BONNE LECTURE A TOUS.
PS : Cette fiction n’est pas à moi, mais je suis autoriser à la publier sur mon blog.
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Fayetteville (Arkansas)
Zoé Mc Kagan est une jeune fille brune aux cheveux mi-longs et aux yeux bleus, elle est âgée de 18 ans et habite Fayetteville dans l’Arkansas.
Cette après-midi là, le soleil brillait et un léger vent froid caressait les petits arbres qui brodaient les trottoirs de la ville et comme chaque année au début du mois de décembre la commune organisait un grand vide grenier de fin d’année. C’est l’occasion pour les habitants de se retrouver tous ensembles pour faire des échanges.
A quatorze heures trente Zoé s’habilla chaudement et alla flâner le long des stands. En milieu d’après-midi elle croisa au détour d’une allée Suzy accompagnée de sa petite fille Sarah qui suçait son pouce emmitouflée dans sa poussette. Zoé s’arrêta.
« Bonjour mademoiselle Willard» Fit Zoé le regard posé sur la petite fille.
« Bonjour Zoé. Comment allez-vous ? » Répondit Suzy.
« Ça va bien et vous ? »
« Oui ça va. Vous avez trouvé quelque chose qui vous intéresse dans ce vide grenier ?» Demanda Suzy.
« Non pas encore. »
« J’ai trouvé un joli serre-tête pour Sarah.» Répondit Suzy en montrant celui-ci.
« Elle va être mignonne avec, il est vraiment très joli. »
« C’est toujours d’accord pour Samedi soir ? » Demanda Suzy.
« Oui. Oui, je viendrais comme convenu.» Répliqua-t-elle avec enthousiasme.
« Merci Zoé. »
« De rien mademoiselle. »
« Au revoir Zoé et à Samedi soir. » Fit Suzy en repartant.
« Au revoir Mademoiselle. »
Zoé continua à marcher dans les allées et à scruter les stands, soudain quelque chose attira son attention elle s’arrêta devant un stand, là sur l’étalage devant elle il y avait un manuscrit, attirée par celui-ci elle le saisie et l’examina plus attentivement.
La couverture de cuire avait l’air très ancienne et elle était poussiéreuse, d’un léger souffle Zoé évacua celle-ci et le titre apparu plus nettement « Journal d’un Démon » il était gravé dans la couverture en lettre dorées rouges avec le symbole d’une coupe et d’une épée, ce qui collait parfaitement avec la dénomination du manuscrit, elle demanda le prix au vieux bonhomme assit derrière son stand, celui-ci répondit 1 dollar, elle trouva que le prix de cette antiquité n’était pas très élevé.
Elle sortie une pièce de son blouson et paya le livre.
Zoé continua à se promener au gré des allées jusqu’à la fin de la journée. La nuit fit lentement son apparition et le vent froid était devenu plus glacial.
Les gens commençaient à ranger les étalages et les affaires qu’ils n’avaient pas vendus.
Zoé fit demi-tour et rentra chez elle.
Elle monta dans sa chambre et posa le manuscrit sur sa table de nuit.
Ce soir là Zoé n’avait pratiquement rien mangé, quelque chose la tourmentait, elle quitta la table et remonta dans sa chambre puis s’assit sur son lit.
Elle empoigna alors le livre qu’elle avait posé sur sa table de nuit et le contempla un petit moment avant d’ouvrir la première page.
Lorsqu’elle ouvrit celle-ci, elle s’étonna de ce qu’elle y découvrit, il y avait une sorte de liste avec plusieurs prénoms et noms avec en face de chacun une date et une heure.
Elle se demandait bien à quoi pouvait-elle correspondre ?
A la deuxième page encore une liste de noms et de prénoms, elle s’était amusée à compter les lignes sur chaque page qu’elle avait lu, une liste de soixante-six personnes et aucune qu’elle ne connaissait et pour cause celle-ci datait des années 60.
Captivée par tout ce qui était inscrit, elle voulu savoir jusqu’ou la liste conduirait.
Elle était remontée jusqu'à la page 66 qui la conduisit jusqu'à l’année 2006 et là en bas de la page elle reconnue un nom celui de Paul Sanders, l’ancien petit ami de Suzy, y avait-il un lien entre son décès et cette liste ?
En voyant le nom du jeune homme Zoé fut si surprise qu’elle referma le manuscrit rapidement et reposa le livre sur la table de nuit.
Elle se blotti sous les couvertures et fixa le plafond de sa chambre un moment avant de pouvoir s’endormir.
Cette nuit là elle passa une nuit agitée et le lendemain matin elle eu du mal à émerger de son sommeil.
Depuis prêt d’une semaine qu’elle possédait ce livre, elle n’avait plus osé l’ouvrir elle l’avait posé sur son bureau, pourtant ce manuscrit l’attirait comme un aiment attire le fer et ce chaque jour un peu plus.
Même si elle résistait elle se doutait bien que cette envie finirait par avoir raison d’elle. Que devait-elle faire ? Devait-elle en parler à quelqu’un ? Pouvait-elle en faire part à sa mère ? Non pensa-t-elle maman me prendrait pour une folle !
Au fils des jours qui passaient Zoé ne comprenait toujours pas pourquoi elle était autant attirée par ce maudit manuscrit.
Ayant bien réfléchit depuis prêt d’une semaine elle prit la décision de jeter le livre dans la poubelle, elle empoigna donc rapidement celui-ci et descendit l’escalier puis ouvrit la porte de la cuisine et jeta le livre dans la grande poubelle qui était dehors.
Contente d’avoir réussie à s’en débarrasser, elle remonta rapidement dans sa chambre et s’allongea paisiblement sur son lit et s’endormie.
Mais une chose étonnante est arrivée cette nuit là, lorsque Zoé se leva le lendemain matin le livre était revenue sur son bureau au même endroit que la veille.
Elle fut si stupéfaite que la peur s’empara d’elle, tout son corps se mit à trembler et la première question qu’elle se posa était mais comment était-ce possible ?
Elle le regarda de loin ne voulant plus s’en approcher.
Elle sortie de sa chambre, alla prendre sa douche puis se prépara pour aller au lycée.
Ce matin là, un vent froid soufflait doucement, effleurant les branches nues des arbres qui sous son passage se balançaient de gauche à droite.
De fins flocons de neige commençaient à tomber, recouvrant petit à petit les arbres et les trottoirs d’un joli manteau blanc.
Aujourd’hui c’est vendredi et c’est le dernier jour d’école avant les vacances de Noël.
La journée commençait à 9H00 avec le cours d’Anglais, puis le cours de sport auquel Zoé ne pouvait pas participer, avec son invalidité ce n’était pas possible, elle regardait donc tout ce petit monde s’agiter du haut des gradins.
Et enfin pour terminer la matinée cours de mathématiques.
Les cours de l’après-midi étaient nettement plus reposant une heure de dessin suivie d’une heure d’informatique.
Elle pénétra dans le lycée son sac à dos sur ses épaules puis longea le couloir jusqu’à son casier et y déposa son sac, puis prit le livre dont elle avait besoin pour le premier cours, lorsque un élève Jason Watson surgit subitement derrière Zoé la faisant sursauter.
Lorsqu’elle se retourna face à lui, Jason la plaqua violemment contre son casier.
« Où sont mes devoirs ? » Demanda Jason en bousculant Zoé.
« Je n’ai pas eu le temps de les faire ! » Répondit-elle effrayée la voix tremblante.
« A ouais ! Tu sais ce que cela signifie ? Donne-moi ton fric !» Fit Jason d’un ton sec et menaçant.
« Non ! Non ! Ne me le prends pas ! J’en ai besoin pour mon repas de midi ! » Dit-elle les yeux larmoyants.
Jason mit alors sa main dans la poche du blouson de Zoé et lui prit le billet de 10 $, puis relâcha son étreinte sur elle et il reparti avec ses copains tout en la fusillant du regard.
Quel sale type pensa-t-elle tout en reprenant son souffle et remettant ses habits en place.
Elle prit une grande inspiration afin de respirer plus calmement puis avança tête baissée jusqu’à la classe d’Anglais et s’assied à sa table.
Le cours se passa dans le raffut le plus total, aucun des élèves dans la classe n’avaient écouté le professeur.
Tous surexcités par les vacances de Noël qui approchaient à grand pas et ne parlant que des cadeaux qu’ils allaient recevoir.
Le professeur avait beau crier à pleins poumons pour se faire entendre, aucun n’écoutaient, au bout d’un moment las de s’égosiller pour rien il s’assied à son bureau et laissa les élèves livrés à eux-mêmes.
Le cours suivant se passa un peu plus calmement et pour cause l’éducateur sportif est assez costaud donc personne ne s’y frottaient, il savait se faire respecter.
Au dernier cours de la matinée tous les élèves étaient un peu plus calmes, ils étaient sans doute fatigués par le cours de sport.
L’heure du déjeuner approchait tout les élèves avaient déjà refermés leurs livres que la cloche du lycée retentie et ils sortirent tous rapidement des classes, pour ce précipiter dans le couloir et se diriger vers la cantine.
Zoé était la dernière à sortir de la classe elle s’arrêta devant le pas de la porte et regarda à gauche et à droite, le couloir était déjà quasiment vide. Elle longea alors le couloir et s’arrêta devant son casier et y remit son livre dans son sac à dos. Le proviseur la voyant seule dans le couloir, se dirigea vers elle et l’aborda.
« Bonjour Mademoiselle Mc Kagan. » Lui dit-il.
« Bonjour Monsieur le proviseur » Répondit poliment Zoé.
« Vous n’êtes pas au réfectoire avec les autres ? » Lui demanda-t-il.
« Non Monsieur, je n’ai vraiment pas faim »
« Vous êtes sur car aujourd’hui c’est le repas de Noël »
« Je sais mais j’ai été légèrement malade cette nuit et je n’ai pas très faim. » Mentit-elle d’une voix anxieuse, mal à l’aise.
« Bon ben dans ce cas, vous pouvez vous installer dans la salle de retenue en attendant les cours de l’après-midi. » Lui proposa-t-il.
« Merci monsieur » Répondit-elle d’une voix fine avec un petit sourire timide.
« Ça va aller ? Vous êtes sûr ?»
« Oui. Oui, monsieur. »
« Bonne vacances mademoiselle »
« Vous de même monsieur » Répondit-elle soulagée.
Zoé le regarda partir puis elle avança de son côté pour se rendre dans un endroit tranquille.
Elle s’installa finalement en salle de retenue comme le proviseur lui avait suggéré.
Elle ouvrit la porte puis la referma derrière elle. Elle prit une place et sorti de son sac, un cahier et son livre puis s’avança dans ses devoirs de vacances. Une heure et demi plus tard la cloche retentie indiquant qu’il était temps de rejoindre les classes, Zoé remit rapidement toutes ses affaires dans son sac et se rendit en classe de dessin, heureusement que celle-ci n’était pas très loin de la pièce de retenue.
Les deux cours de l’après-midi se passèrent bien mieux que ceux de la matinée, mais quand la cloche du dernier cours sonna tous les élèves se précipitèrent en criant dans les couloirs « Youpi ! C’est les vacances ! » Et sortirent rejoindre les bus scolaires pour rentrer chez eux.
La fin de journée s’acheva mieux qu’elle n’avait commencé pour Zoé.
Contente de rentrer chez elle, Zoé monta directement dans sa chambre et se posa sur son lit puis resta un moment inerte à fixer le plafond de sa chambre les yeux dans le vague.
Elle resta dans cette position quelques minutes pour se relaxer puis elle se releva et se dirigea vers son bureau et alluma son ordinateur.
Elle s’installa sur la chaise puis elle se connecta au net et enregistra quelques images de manga, ensuite elle ouvrit son logiciel photo et commença à faire un fond d’écran avec les images qu’elle avait récupéré.
La mère de Zoé l’appela pour qu’elle vienne diner.
Zoé descendit l’escalier et s’installa à table en face de sa maman.
Le repas se passa dans le calme, juste quelques questions du genre.
« Comment se sont passés les cours aujourd’hui ? »
« As-tu des devoirs pour les vacances ? »
Jusqu’au moment ou la mère de Zoé lui demanda ce qu’elle avait mangé au repas de Noël.
Zoé lui menti en lui répondant qu’elle avait bien mangé, qu’elle avait surtout apprécié le dessert qui était au chocolat.
Si sa mère avait apprit que Jason lui avait volé l’argent du repas, elle aurait sans doute téléphoné au proviseur pour réglé le problème.
Pas besoin d’en arriver là, elle n’avait pas mangé le midi, ce n’était pas grave elle en était pas morte pour autant.
Ce qui l’embêtait le plus c’était la façon dont Jason et ses copains se comportaient avec elle à chaque fois qu’ils voulaient obtenir quelque chose, ils ne pouvaient pas s’empêcher de la brutaliser.
A cause de lui elle avait souvent des bleus au niveau des épaules et du dos à force d’être plaquée contre son casier.
Elle en avait assez de ce sale gamin qui brutalisait tous les plus faibles du lycée. Elle espérait que tôt au tard il serait puni pour tout ce qu’il avait fait. Mais en attendant c’était les vacances de Noël, elle ne verrait pas ce sale gosse pendant 15 jours.
Le repas étant terminé Zoé débarrassa ses couverts et mit le tout dans l’évier puis remonta dans sa chambre.
Elle se remit à son bureau devant son PC et fini la création qu’elle avait commencée avant que sa maman l’appel pour le diner.
Une fois sa création terminée elle l’enregistra dans ses images et la mit sur son blog, puis elle éteignit son ordinateur.
Lorsqu’elle voulu se lever de sa chaise pour se rendre à son lit, elle fut prise d’une nouvelle forte envie de prendre le manuscrit dans ses mains, elle essaya de s’éloigner afin de résister mais celui-ci l’attirait encore plus, se rapprochant inévitablement, si bien qu’elle l’empoigna et elle alla s’assoir sur son lit.
Elle prit une grande inspiration, avant d’ouvrir le livre à la page de Paul et une chose très bizarre s’était produite.
Le nom de Paul Sanders n’était plus à la 66 ème place, mais à la 59 ème. Mais comment était-ce possible ?
Comment les écritures peuvent-elles se déplacer ?
Ce n’est pas possible pensa-t-elle.
Zoé resta un moment à fixer la page les yeux écarquillés, étonnée de ce qu’elle avait découvert.
Ce livre était peut-être magique songea-t-elle.
Soudain une idée lui traversa l’esprit, elle décida de prendre un crayon de papier puis elle réfléchit un instant cherchant quel nom et prénom elle pouvait choisir puis dans sa tête se fût évident, elle commença à gribouiller un prénom et un nom et juste en face elle choisi une date et une heure, le 19/12/2009 à 05h30, lorsque ce fût fait, l’emprise du livre cessa et Zoé le referma puis le déposa sur sa table de nuit.
Ensuite elle se déshabilla prit sa douche et enfila son pyjama et se glissa sous la couette puis s’endormi.
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Demeure des Watson Fayetteville Arkansas.
La faible lumière de la pleine lune reflétait ses rayons par les rideaux bleus des fenêtres dans la chambre de Jason Watson.
Il était plus de 02h00 du matin lorsque un bruit se fit entendre, il se réveilla en sursaut, sa respiration était courte et rapide.
Il saisi rapidement le bouton de sa lampe de chevet et l’alluma, il regarda autour de lui mais ne vit rien. Il essaya de se calmer en respirant profondément, se disant que ce n’était que son imagination qui lui jouait des tours puis il se rallongea sous sa couette, soudain quelque chose sauta sur son lit. Jason sursauta une nouvelle fois « Olympe ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? Tu m’as fait peur stupide chat ! » Cria t-il de panique tout essoufflé, le chat angora noir levant sa belle queue en panache s’approcha doucement tout en ronronnant vers lui.
Jason empoigna le félin par le cou, se leva de son lit puis ouvrit la porte de sa chambre et jeta le chat dans le couloir, puis il se recoucha sous sa couette. Il éteignit la lumière mais la peur qu’il venait de ressentir à cause du chat était encore présente. Il essaya de se calmé afin de pouvoir s’endormir mais il n’y arrivait pas. Il se tournait inlassablement dans son lit les yeux grand ouverts à fixer le plafond.
Au bout d’un long moment il tourna la tête et jeta un œil à son radio-réveil, celui-ci indiquait 03h35, il souffla puis se retourna de l’autre côté, cherchant la meilleur position pour pouvoir s’endormir.
Il était prêt de 04h15 lorsqu’il réussi enfin à trouver le sommeil.
Aux environ de 05h28 Jason fut réveillé de nouveau par un autre bruit dans sa chambre, il se frotta les yeux puis tâtonna pour trouver le bouton de sa lampe de chevet et appuya sur celui-ci, mais aucune lumière ne vint éclairer la pièce, il cliqua plusieurs fois dessus mais toujours rien.
Dans la panique il se leva rapidement et mit la main sur l’interrupteur de la lampe principale de sa chambre, mais là aussi rien aucune lumière, seule la lumière de la pleine lune éclairait que très légèrement la pièce.
Soudain dans la pénombre une ombre avec des yeux rouges se profila dans la chambre.
Jason en la voyant fit un pas en arrière horrifié par cette vision de cet être maléfique, il continuait à reculer jusqu’au moment ou il heurta la porte de sa chambre.
Il était tétanisé par cette chose qui avançait vers lui, il hurla mais aucun son ne sorti de sa bouche, dans la peur et la panique il agrippa la poignée de sa porte mais celle-ci refusait de s’ouvrir, il avait beau essayer elle était bloquée.
Il perçu alors un souffle glacial au niveau de son cou, un frisson parcouru tout son corps et lorsqu’il se retourna, la chose était là devant lui, plusieurs goulettes de sueurs coulaient le long de ses joues, transpirant de peur. Le spectre le regarda fixement avec ses yeux rouges sang luisant puis d’un coup violent frappa de sa main froide la poitrine de Jason et attrapa le cœur du jeune homme.
Jason sentit celui-ci se serrer à l’intérieur de sa poitrine, il se débattait essayant de se défendre contre son agresseur mais l’air lui manquait terriblement, son teint rose devint blafard et des cernes commençaient à se former sur le contour de ses yeux qui sous le manque d’air devinrent d’une couleur blanc opaque. Jason suffoqua puis dans un dernier souffle s’écroula au sol le dos contre la porte de sa chambre.
Il ne fallut que quelques minutes pour que le Jeune homme succombe à l’emprise de cet être maléfique.
Celui-ci quitta discrètement la pièce tout en regardant le corps du jeune homme gisant sur le sol.
Trois quarts d’heure plus tard la faible lueur du jour fit lentement son apparition laissant apparaître le corps sans vie de Jason.
Les Watson devaient passer des vacances dans leur famille. Aux environs de 06h15 la mère de Jason monta à l’étage pour réveiller son fils, elle toqua à la porte à plusieurs reprises, mais aucune réponse, elle insista « Jason c’est l’heure il faut te lever, Jason… Jason… aller flémard il faut te lever, on part dans une heure.» Mais toujours aucune réponse, elle saisie la poignée de la porte et la poussa, mais quelque chose semblait bloqué celle-ci, n’arrivant pas à accédé à la chambre de son fils, elle appela son mari.
Il accouru au premier étage puis il poussa fortement la porte et réussi à ouvrir la chambre.
Quel fut leur vision d’horreur lorsqu’ils découvrirent le jeune homme étendu sur le sol la bouche ouverte et les yeux grands ouverts.
La mère hurla « Oh mon dieu !» Puis elle s’effondra anéantie en pleurant devant le corps sans vie de son fils.
Pendant ce temps le père complètement désemparé se dirigea vers le téléphone et composa la main tremblante le numéro de la police pour signaler le décès de Jason.
Environ vingt minutes plus tard la police arriva sur les lieux avec une ambulance.
Au bruit retentissant des sirènes, plusieurs habitants sortirent de leurs demeures pour voir ce qu’ils se passaient.
Dans un motel de Columbia (Missouri)
Il était 21H50 lorsque Dean se gara sur le parking du motel «Aux doux rêves » Sam jeta un œil au nom du motel et fit un léger sourire puis il descendit de la voiture et ouvra le coffre pour y prendre les deux sacs.
Quant à Dean comme à son habitude il parti à la réception pour louer une chambre.
L’aîné revient quelques minutes plus tard avec la clé de la chambre 66.
Sam regarda son aîné en soupirant et fixant le numéro de porte de la chambre et baissa la tête l‘air dépité.
Dean le regarda en secouant la tête et fit un léger sourire amusé à son cadet.
Les deux hommes pénétrèrent dans la chambre et déposèrent les deux sacs sur les Lits.
Sam se sentait complètement abattu depuis plusieurs jours.
C’était dû à cet affreux cauchemar qu’il faisait depuis plusieurs nuits.
En général les rêves qu’ils faisaient étaient des indications pour sauver les gens avant qu’ils ne leurs arrivent malheurs, mais là c’était tout autre chose. Étrangement ce cauchemar lui faisait peur vraiment très peur, il se sentait comme prisonnier de cet horrible rêve l‘impression d’être dans une boucle sans fin.
Ce cauchemar était si réel que lorsqu‘il se réveillait c’était en sursaut transpirant à grosses gouttes sa respiration était des plus saccadée et son cœur palpitait tellement vite que ça lui pinçait l’intérieur de la poitrine.
Il avait des frissons sur tous le long de son corps.
Il mettait un moment avant de pouvoir reprendre une respiration plus calme tout ça n’avait vraiment rien de bien rassurant.
Depuis plusieurs nuits que ce cauchemar l’empêchait de dormir ce qui l’obligeait à se lever tôt, très tôt même ne pouvant plus se redormir après avoir subit de son subconscient de telles images cauchemardesques sans compter les mots de têtes à répétition qu’il avait à chaque réveil forcé.
Il se sentait vider et lasse de toute énergie.
Oh ! Il aurait pu en parler à Dean, mais à quoi bon connaissant son aîné comme il le connaissait il était certain qu’il celui-ci ce serait encore moqué de lui ou à l’inverse se serait inquiété un peu trop et aurait posé tout un tas de question.
Dean de son côté ne s’était pas rendu compte que ça n’allait pas bien, du moins c‘est ce que Sam croyait.
Sam ouvrit son sac et empoigna une serviette puis il se dirigea vers la salle de bain ou il fit couler de l’eau tiède dans le bac de douche, puis il se déshabilla.
Il pénétra sous l’eau tiède, celle-ci se mit à couler sur son corps fatigué, il resta un long moment pour savourer cet instant de relaxation.
Si seulement cela pouvait l’aider à dormir un peu sans que ce cauchemar ne vienne plus le réveiller en pleine nuit.
Mais il savait pertinemment que se ne serait pas le cas.
Il avait la hantise de se coucher.
Quant à Dean, il s’était allongé sur son lit les deux mains sous sa tête à regarder la télévision.
Il jeta un œil sur son frère qui traversait la pièce à la sortie de la salle de bain et le regarda avec un léger sourire aux lèvres l’air moqueur.
Sam prit dans son sac un tee-shirt qu’il enfila puis il se dirigea vers la petite table basse qui était placée au milieu de la pièce juste en face du canapé et s’y installa avec son ordinateur.
Dean se leva de son lit et se dirigea dans la salle de bain puis il prit sa douche.
Sam essaya de se concentrer sur les pages qu’il avait ouvertes sur internet sans trop s’y intéresser, ses yeux commençaient à le piquer, il se les frottas, mais ses paupières devenaient lourdes et ses yeux se fermaient tous seuls, il sentait le sommeil l’appeler mais il résistait ne voulant pas s’endormir de peur que ce cauchemar le reprenne à nouveau.
Dean sorti de la salle de bain, voyant son frère piquer du nez devant l’écran de son Pc, lui lança sa serviette ce qui fut sursauter Sam.
Il se retourna surprit en fixant son aîné d’un mauvais œil.
« Non mais ça va pas ! » Dit-il essouffler.
« Oh la ! Sammy ne te fâche pas ! » Répliqua Dean, un grand sourire aux lèvres l’air amusé.
« Mais l’à tu vois, je ne suis pas d’humeur Dean ! Ce que tu peux être chiant ! » Fit Sam énervé.
« Oh ! C’est bon Sammy ! Mais qu’est-ce que tu as depuis plusieurs jours ? » Fit Dean en haussant la voix.
« Tu veux dire quoi ? » Répondu Sam fixant son aîné.
« Sammy, il y a un truc que je devrais savoir ? » Demanda Dean, légèrement inquiet.
« Non ! Pourquoi tu dis ça ? » S’étonna Sam.
« Écoute Sammy je trouve que tu as mauvaise mine et je veux savoir ce qui te préoccupe, c’est tout. »
« Et ben ! Il n’y a rien ! »
« Tu es sûr ? » Insista Dean.
« Oui ! Si je te le dis ! » S’emporta Sam.
« Ok ! Mais c’est sûr si il y avait un truc qui n’allait pas tu me le dirais ? »
« Oui Dean ! »
« Bon, bien alors ! Je meurs de faim on va aller manger un morceau, quand penses-tu ? » Fit Dean à son cadet en se frottant les mains.
« Oui pourquoi pas.» Répondit Sam en soupirant.
Sam ferma son ordinateur, mit sa veste et rejoignit son frère.
Ils arrivèrent dans un fast-food ou ils firent leur commande.
Dean prit une bière et un steak avec des frites et Sam prit une part de tarte deux grands cafés. Son aîné fut étonné que Sam prenne deux cafés à cette heure tardive.
« Sam c’est tout ce que tu prends ? » Fit Dean étonné.
« Oui Dean ! Pourquoi ça te dérange ? » Rétorqua Sam en haussant légèrement le ton sur son aîné.
« Non pas du tout, c’est juste qu’il est plus de 23h et que du café à cet heure-ci ça va t‘empêcher de dormir.»
« Et alors !»
« Et alors ! Mais qu’est-ce qu’il te prend à la fin ? » Fit Dean agacé.
« Rien… Dean… excuse moi. » Répondu Sam en baissant la tête.
« C’est rien Sammy mais, je suis sur qu’il y a un truc qui ne va pas et comme d’habitude tu ne me le diras pas donc, pas la peine que j’insiste. »
« Oui Dean ! C‘est tout à fait ça !»
Dean avait deviné que quelque chose n’allait pas pour Sammy, mais même si il était impatient de savoir ce qui le préoccupait il ne voulait pas brusquer son frère.
Si Sam voulait le lui dire, il lui dirait quand il en aurait envie.
Il se résigna et ne lui posa aucune question.
Le dîner se passa dans un silence total, ni l’un ni l’autre s’était adressé la parole.
L’aîné paya la note et tout les deux reprirent la route pour le motel.
Dans la voiture, Dean n’avait qu’une seule envie savoir ce qu’il tracassait son cadet.
Il essaya une nouvelle fois d’engager la conversation avec Sam.
« Sam ça va ? » Demanda Dean d’une voix fine.
« Oui ! Pourquoi cette question ? »
« Comme ça, je trouve que tu as une petite mine, je te demande alors ce qu‘il ne va pas ? »
« Rien, je suis juste fatigué. »
« Tu es sur Sammy ? »
« Dean ! Tu me gonfle avec tes questions ! Lâche-moi !» Hurla Sam.
« Quoi que je te demande tu ne me dira rien ! » Répondit-il les yeux fixés sur Sam.
« Non exact ! Je n’ai pas envie d’en parler. »
« Mais, moi je voudrais savoir, Sam. »
« N’insiste pas Dean ! »
« Ok ! Bien ! Je n’insiste pas. Ce que tu peux être borné !» Fit Dean en colère.
Dean mit de la musique pour se calmer et Sam se renferma sur lui-même.
Il gara la voiture sur le parking et les deux frères rentrèrent dans la chambre.
L’aîné déposa sa veste sur le bout de son lit, quant à Sam il déposa la sienne sur le canapé.
Dean se déshabilla puis se glissa sous la couverture et s’endormi.
Sam s’était mit sur le canapé devant son ordi, mais au fils des pages d’internet, il sentait le sommeil l’appeler il avait beau résister, ses bâillement à répétition avait raison de lui, il était temps d’aller se coucher, mais ce soir là pour Sam il en était pas question il avait décidé de ne pas dormir et il devait s’y tenir.
Il se leva du canapé, se prépara un café assez fort, après quelques minutes d’attente, il se servit une grande tasse puis se remit devant son ordinateur en buvant de temps en temps une gorgée de café, espérant ainsi ne pas dormir avant quelques heures.
Soudain il fut prit d’un mal de ventre et se leva rapidement du canapé puis se dirigea vers la salle de bain.
Il se pencha au dessus des toilettes, tout ce qu’il avait avalé ressorti.
Ses vomissements ayant cessé il se releva et se passa de l‘eau froide sur le visage puis le sécha avec une serviette.
Malgré la légère douleur au ventre qui persistait, il retourna sur le canapé et continua à faire ses recherches sur le net.
Mais la fatigue était de plus en plus présente, il était vraiment trop épuisé pour résister encore longtemps à l’appel de son lit.
Il continuait à bailler, ses paupières étaient de plus en plus lourdes, il avait froid, des frissons parcouraient son corps, signe évident qu’il était tant pour lui d’aller se coucher.
Il se leva doucement du canapé et se traîna jusqu’à son lit puis se glissa sous la couverture.
Il grelota quelques instants avant de pouvoir s’endormir et s’enfonça alors dans un sommeil profond et sombra dans son terrifiant cauchemar...
Le cauchemar de Sam.
Sam se réveilla debout dos au mur, dans une pièce recouverte de carrelage bleu foncé avec des motifs de pâquerettes, cette salle était mal éclairée, il y faisait froid, tellement froid que la buée s’échappait de sa bouche à chaque expiration.
Il se mit à grelotter, il croisa les bras pour essayer de se réchauffer. Il scruta la pièce, celle-ci était assez grande il y avait une vieille chaise de paille trouée avec une table blanche usée par le temps.
Mais ou se trouvait-il ? Que faisait-il dans cette pièce ?
Il avait l’impression qu’il y avait quelqu’un avec lui, il se sentait épié il se retourna encore et encore faisant un tour sur lui-même, mais rien il ne vit personne.
Il continua de scruter la pièce, puis il avança doucement vers une porte à battant.
Il la poussa se retrouvant ainsi dans une autre pièce. Celle-ci était tout aussi froide que la précédente si ce n’était pas plus, le mur n’était plus en carrelage mais en pierre ce qui rendait la pièce encore plus froide et plus humide aussi. Il contempla cette nouvelle salle, celle-ci avait un toit en verre et pourtant c’était sombre très sombre aucune lumière ne traversait les vitres. Soudain un bruit attira son attention, il tendit l’oreille et entendit un gémissement, en écoutant plus attentivement, ça ressemblait plutôt à un pleur d’enfant. Il se concentra cherchant d’où ça pouvait venir, il avança lentement en direction des sanglots.
Il poussa une deuxième porte, se dirigeant toujours vers les pleurs. Soudainement, il fut éjecté de l’autre côté de la salle, son corps s’écrasant contre le mur retombant lourdement sur le sol.
Sans comprendre ce qu’il venait de se passer, il secoua la tête pour reprendre ses esprits, il regarda tout autour de lui, mais rien il n’y avait rien il se releva avec difficulté en appuyant ses deux mains sur le mur de pierres.
Malgré la peur et l’angoisse qu’il ressentait, il se remit à marcher en direction des pleurs. Lorsqu’il y arriva enfin, il poussa la dernière porte et vit une horrible scène…
C’est à ce moment là qu’il se réveilla en sursaut laissant s’échapper un petit cri, complètement effrayé et totalement en sueur, les yeux grand ouverts, le teint pale et sa respiration était tellement courte et rapide, que ça lui donnait des vertiges il mit rapidement sa main sur sa figure essuyant la sueur son visage cireux et apeuré.
Dean qui l’avait entendu pousser un gémissement, se réveilla il regarda son cadet les yeux encore embués de sommeil et lui demanda ce qu’il avait.
« Sammy ça va? » Fit Dean doucement encore mal réveillé en se frottant les yeux regardant son frère inquiet.
« Oui ça va, rendort toi, c’est rien. » Répondu Sam essoufflé.
«Encore un cauchemar ?» S’inquiéta Dean.
« Je te dis que c’est rien !» Rétorqua Sam à son aîné, essayant de reprendre une respiration normal.
« Ah oui ! C’est rien ! Tu es sûr ? Parce que tu as une tête à faire peur, Sammy ! » Fit Dean en baillant.
« Eh alors ! Ce n‘est pas la première fois que je fais un cauchemar.» Rétorqua Sam en haussant légèrement le ton.
« Peut-être mais là, franchement, tu as vraiment mauvaise mine. Il y a combien de temps que tu le fais ce cauchemar ? »
« Euh… » Marmonna Sam entre ses dents.
« Sammy ! Il y a combien de temps ? » Demanda une deuxième fois Dean à son cadet sur un ton sec.
« Dean… » Hésita Sam.
« Sammy réponds à la question ! Il y a combien de temps ? » Insista Dean.
« Une… Une se…maine. » Bafouilla Sam en baissant la tête.
« Une semaine et tu n’a rien voulu me dire, comme d’habitude ! »
« Te fâches pas Dean. » Répondu Sam l’air désolé.
« Mais je ne me fâche pas, mais tu me caches toujours tout. Comment tu veux que je t’aide. » Fit Dean s’asseyant sur le lit tout en regardant son frère.
« Mais je n’ai pas besoin de ton aide, de tout façon tu ne peux rien faire pour m’aider.» Fit Sam énervé.
« C’est sur si tu ne me dis rien, je ne peux pas t’aider Sammy !»
« A quoi ça servirait, quand je te dis ce qu’il se passe dans mes cauchemars, tu ne trouves pas mieux de te moquer de moi. A force je ne sais plus si je dois t’en parler ou pas. » Lança Sam.
« Ah ! Ok ! Maintenant c’est de ma faute ! » S’emporta Dean.
« Attends Dean ! Je n’ai jamais dis ça ! Je dis simplement que je ne sais pas si je dois te parler de mes cauchemars, sans que tu penses que je suis un phénomène de foire. Et c’est souvent comme ça que ça se passe Dean !»
«Ok ! Tu as raison Sam, j’avoue que parfois je ne t’écoute pas et que parfois je me moque de toi, mais je suis ton grand frère et quand ce genre de chose t’arrive j‘aimerais que tu me le dises. Tu peux pas affronter ça tout seul.» Répondu Dean à son cadet se radoucissant.
« Je suis d’accord avec toi, mais sur ce coup là tu ne peux pas faire grand chose pour m’aider. » Répondu Sam à son aîné d’un air triste.
« Et pourquoi ça ? » S’étonna Dean.
Sam resta un instant muet, ne sachant pas comment dire à son frère ce qu’il avait vu dans son cauchemar, c’était trop difficile de lui en parler. Il préférait garder ça pour lui.
Dean fixa son petit frère impatient de savoir ce qui avait bien pu le mettre dans cet état de stupeur, il reposa donc la question à son cadet.
« Sammy ? Pourquoi je ne peux pas t’aider ? » S’obstina Dean.
« Parce que… Parce que… Ce… Ce cauchemar me concerne.» Hésita une nouvelle fois Sam.
« Pardon ? Tu peux répéter ça ? » S’étonna Dean.
« Oui Dean tu as très bien entendu, ce cauchemar me concerne.» Fit Sam d’un ton sec.
« Raconte-moi !»
« Ah ça non ! Je n’ai pas envie de t’en parler, si c’est pour te foutre de ma gueule ! » Répliqua immédiatement Sam.
« Sammy, pourquoi je ferais ça ? »
« Parce que tu le fais tout le temps, tu prends jamais rien au sérieux ! »
« C’est pas vrai ! »
« Si c’est vrai ! »
« Bon on ne va pas s‘éterniser sur le sujet, tu veux bien m’en parler »
« Ben non !»
« Bon ok tête de mule, je te laisse tranquille on verra ça demain.»
« A demain Dean. »
« Bonne nuit Sammy. »
« Je te remercie beaucoup Dean pour ta sollicitude, mais ma nuit est finie, mais merci quand même.»
Sam se leva de son lit puis il s’installa sur le canapé et alluma son Pc et se connecta au net.
Il consulta les actualités du moment mais au fils des différentes pages qu’il avait ouvertes, rien de bien intéressant, quelques délits mineurs et autres petits faits divers.
Quelques minutes plus tard il fut prit une nouvelle fois de maux de ventre et se remit à vomir, il avait mal à la tête et parfois chaud puis l’instant d’après il avait froid, il se sentait vraiment pas en forme, certain qu’il avait de la fièvre il prit dans son sac un flacon avec des comprimés blancs il en mit deux dans sa main puis les avala avec un grand verre d’eau et retourna à ses occupations devant son Pc.
Il fit les recherches pendant une bonne partie de la nuit, n’ayant rien trouver d’intéressant, Sam regarda sa montre déjà six heures du matin, il s’étira et se leva du canapé puis alla prendre sa douche, il s’habilla et attrapa ensuite les clés de l’impala qui était posée sur la petite table basse et parti chercher de quoi déjeuner.
Il se gara devant le fast-food de la veille puis fit sa commande et reparti pour le motel.
De retour au motel Sam gara la voiture sur le parking puis entra dans la chambre ou Dean dormait encore, sans faire de bruit il déposa le café de Dean sur sa table de nuit avec les muffins, puis il retourna s’assoir devant son ordinateur et continua les recherches tout en dégustant son petit déjeuner.
Vers 07h45 il dénicha un article sur un jeune homme de 17 ans qui d’après les tous premiers éléments serait mort d’une crise cardiaque foudroyante.
Sam se dit que mourir si jeune d’une crise cardiaque, c’est bizarre pour un adolescent.
Vingt minutes plus tard Dean se réveilla à l’odeur du café que Sam avait déposé sur la table de nuit. Il se mit assit, puis se frotta les yeux afin d’y voir plus clair et s’étira longuement, avant de regarder en direction de son cadet. Il découvrit Sam assit sur le canapé qui pianotait sur son ordinateur.
« Dis-moi que c’est pas vrai ? » Fit Dean en baillant.
« Quoi ?» S’étonna Sam regardant son aîné.
« Tu es encore resté toute la nuit sur ton Pc ? »
« Ben oui, après ce cauchemar j’arrivais plus à dormir, je me suis occupé l’esprit.» Répondu Sam sans lever la tête de son écran.
« Ben j’espère que cela valait le coup, tu as trouvé quelque chose intéressant ? » Lança Dean en baillant.
« Ben justement j’ai trouvé une affaire.»
« Vas-y je t’écoute. » Fit Dean en buvant une gorgée de café.
« Un adolescent de 17 ans est mort d’une crise cardiaque foudroyante.»
« Et tu appelles ça une affaire ? » Fit Dean pas très convaincu.
« Attends que je te lise la suite. Jason Watson âgé de 17 ans été retrouvé mort dans sa chambre, la police n’a trouvé aucun indice, ni aucune trace sur le corps et les parents affirment que leur fils n’était pas malade et qu’hier soir il était en pleine forme.»
« Ce n’est que une supposition Sammy. Il est peut-être mort d’autre chose.»
« Dis-moi de quoi alors ? » Dit Sam fixant son aîné.
« Ben j’en sais rien, d’une maladie héréditaire.»
« Je viens de te dire qu’il était en pleine forme.»
« Et où s’est ? »
« A Fayetteville. »
« La où habite Suzy ? »
« Ben oui c’est bien ça ! »
« Tu crois que quelqu’un lui en voudrait encore ?»
« Non je ne crois pas, si elle avait eu des ennuies elle nous aurait appelé.»
« Oui ta raison. Donc pas la peine de s’affoler. De tout façon on n’a pas assez d’éléments pour entamer cette nouvelle affaire.»
« Pas assez d’éléments ? » Fit Sam étonné et sur un ton sec.
« Sammy, tu peux me dire ce qu’on n’a à part un gosse qui est mort, d’une soit disant crise cardiaque.» Insista Dean.
« Mourir à cet âge là, quand les parents affirment qu’il n’avait aucun problème de santé, je trouve ça bizarre moi. Mais toi cela ne t’interpelle pas ?»
« Écoute Sammy, je ne refuse pas l’idée d’y aller, mais il nous faut plus d’informations sur cette affaire parce que pour l’instant on n’a rien de concret à part un gamin de 17 ans qui est décédé de je ne sais quoi.»
« Ok, tu veux plus informations, je vais en chercher mais si je trouve quelque chose d’intéressant on n’ira sur cette affaire ! » Fit Sam d’un air sérieux.
« Marché conclu !» Répondit Dean en souriant, l’air moqueur.
Sam se hâta de faire des recherches, cherchant sur le net un lien qui aurait pu éventuellement lui donner un indice ou quelque chose en rapport avec le décès du jeune homme.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Fayetteville demeure des Mc Kagan.
Il était près de six heures cinquante lorsque Zoé se réveilla en sursaut aux bruits retentissants des sirènes de police.
Elle se leva de son lit puis alla regarder par la fenêtre de sa chambre et vit l’ambulance et les voitures de la police garées devant la maison de la famille Watson.
Elle s’habilla rapidement et descendit dans la rue pour voir de plus près ce qu’il se passait.
Plusieurs personnes étaient également descendues dans la rue regardant de l‘autre côté du trottoir.
Quelques minutes après que soit arrivé Zoé, un brancard portant un sac mortuaire noir, sortait de la maison pour s‘engouffrer dans l‘ambulance. Devant la porte d’entrée, une femme pleurait, anéantie, dans les bras de son mari. Zoé avança de quelques pas pour voir de plus près. Observant la scène, elle supposa que cela ne pouvait être que le corps du jeune Jason dans le sac mortuaire.
Elle mit sa main sur sa bouche, toute retournée par ce qu’elle voyait.
Elle venait de réaliser ce qu’elle avait fait. Elle mit sa main sur son visage comme si elle voulait enlever la culpabilité qui venait de faire surface en elle.
Elle fit demi-tour et rentra chez elle, affolée, avec une boule d’angoisse dans la gorge.
Elle remonta dans sa chambre, agrippa hâtivement le livre et l’ouvrit.
Le nom de Jason Watson qu’elle avait griffonné sur cette page, avait totalement changé.
Quelle fut sa surprise lorsqu’elle découvrit que ses écrits au crayon de papier avait été remplacés par de l’encre noire dans une écriture d’un style ancien. Et le nom, comme le prénom, du jeune Jason qu’elle avait écrit la veille, n’était plus que des initiales J.W.
Comment cela pouvait-il être possible ?
Tout en sachant qu’elle ne pouvait pas savoir ce qu’il arriverait en écrivant sur le manuscrit, elle se sentait coupable, comme si elle avait commis un meurtre.
On pouvait lire l’angoisse et la panique sur son visage devenu blême. Zoé ne se sentait pas bien du tout.
Elle tournait en rond dans sa chambre essayant de se convaincre que finalement ce n’était pas de sa faute.
Après tout, ce sale gamin avait eu ce qu’il méritait. Même s’il était très méchant avec la plupart des jeunes du lycée, méritait-il de mourir pour autant ? Elle se dirigea vers son bureau, s’assit devant et prit une feuille blanche et un stylo bille bleu puis fit deux colonnes : une pour le « CONTRE » et une pour le « POUR ». Elle commença par inscrire dans la case du « POUR » tout ce que Jason lui avait fait subir : Les moqueries, les menaces, les maltraitances, le vol d’argent, les insultes.
Dans la case du « CONTRE », que pouvait-elle y écrire ? Elle chercha mais ne trouva rien à y inscrire.
Finalement, elle en conclut que s’il avait été moins méchant et stupide avec elle et les autres lycéens, elle n’aurait pas écrit son nom et prénom sur le livre et il ne serait pas mort. Ne dit-on pas que la méchanceté gratuite finit toujours par être punie par la vie ?
Elle froissa la feuille et la déposa dans la corbeille qui se trouvait à côté de son bureau.
Elle profita d’être assise devant son bureau pour allumer son ordinateur puis elle se connecta au net et chercha des informations sur les démons.
Elle fut stupéfaite de voir autant d’images et d’histoires sur ces horribles êtres maléfiques. Les mots se succédèrent devant ses yeux « Ames en peines », « Possession », « destructeur », « Force », « Pouvoir », « Assassin », « enfer », « Ténèbres », « Diable » Autant de termes en rapport avec les démons. Mais malgré ses recherches, elle ne trouva aucun article concernant le démon qui lui avait rendu visite.
Fatiguée de chercher, elle éteignit son ordinateur et retourna se morfondre sur son lit.
Ce jour-là, Zoé avait vraiment le moral à zéro et elle n’avait vraiment plus rien envie de faire. Trop perturbée par tout ce qu’elle venait de voir et de vivre, elle ne sortit pas de sa chambre.
Sam avait passé toute la matinée à chercher une info plus précise. Dean était installé sur son lit et commençait à avoir faim. Il était sur le point de proposer à Sam d’aller manger un morceau dans le resto de la ville, lorsque celui-ci trouva le renseignement qu’il espérait tant.
« Ah, ben ça alors !» S’exclama-t-il étonné.
« Qu’y a–t-il ?» Demanda Dean.
« J’ai trouvé quelque chose», Répondit Sam, enjoué.
« Ah oui ? Raconte-moi ! Qu’est que c’est ?» S’empressa de demander Dean.
« Figure-toi que depuis plusieurs années des adolescents en bonne santé décèdent subitement d’une crise cardiaque sans aucune trace sur le corps et aucun indice sur le lieu où ils ont été retrouvés. Rien qu’en 1960, il y a eu une vingtaine de jeunes qui sont morts dans les mêmes circonstances que le gamin de dix-sept ans.»
Dean se leva de son lit pour aller voir l’article que son cadet avait déniché sur Internet.
Il arriva à côté de son frère puis se pencha sur l’écran du Pc. Soudainement, Sam mit sa main gauche au niveau de son estomac et la droite sur sa bouche et se leva rapidement du canapé pour se diriger en courant vers la salle de bain où, pour la troisième fois, il se mit à vomir.
Dean regarda son cadet filer vers la petite pièce d’un air inquiet.
« Sam, ça va pas ? » Demanda Dean d’une voix anxieuse.
« C’est rien Dean », lui répondit Sam entre deux vomissements.
« Tu es sûr ? » S’inquiéta Dean.
« Oui, j’ai dû manger un truc qui n’est pas passé», Répliqua Sam, légèrement essoufflé.
Sam sorti de la salle de bain le teint blafard. Quelques petites gouttes de sueurs coulaient le long de son visage. A la vue de son expression, Dean comprit que son cadet n’allait pas bien. Il vint vers lui et voulu l’aider à marcher jusqu’à son lit, mais Sam ronchonna ne voulant pas que son frère l‘aide.
« Sammy, ça va ? » Demanda anxieusement Dean.
« C’est rien Dean ! Je vais prendre deux comprimés et après cela ira mieux », répondit Sam, se voulant rassurant.
Dean étant très inquiet de voir Sam avec un visage si pâle et en sueur, mit instinctivement sa main sur le front de son frère. Sam ne se laissa pas faire et enleva rapidement la main de son aîné.
« Mais tu as de la fièvre ? » S’étonna Dean.
« C’est rien Dean, ça va passer », Répondit Sam.
« Ben t’as pas vu la tronche que tu te payes. Tu vas me faire le plaisir de te coucher et de te reposer car franchement Sammy, tu as une tête à faire peur.»
« Oui je le sais tu me l’as déjà dit cette nuit », Répondit Sam en avalant les deux comprimés de paracétamol.
« Mais là c’est pire. Je vois bien que ce n’est pas la grande forme, tu vas donc t’allonger dans ton lit et te reposer », fit Dean d’un ton autoritaire.
« Et notre affaire ?» S’inquiéta Sam.
« Elle attendra que tu te sentes mieux ! Je vais aller à la pharmacie voir si je ne trouve pas quelque chose pour tes vomissements. Je ne vais pas aller sur une mission si tu es dans cet état !» Rétorqua Dean d‘un ton sec.
Sam jeta un coup d’œil en direction de son aîné et s’exécuta sans broncher. Il s’allongea sous la couverture.
Dean prit sa veste et les clés de l’impala et sortit pour se rendre à la pharmacie.
Dean expliqua à la pharmacienne les symptômes de son cadet et celle-ci lui apporta une boîte de gélules vertes et blanches et lui indiqua la dose à prendre. Dean paya le flacon et remercia la jeune femme d’un sourire charmeur.
Un quart d’heure plus tard, il était de retour. Il déposa sa veste sur le canapé et les clés de la voiture sur la petite table basse.
Il réveilla son frère pour lui faire prendre le médicament que la pharmacienne lui avait vendu.
Sam se réveilla doucement et croisa le regard inquiet de son aîné.
« Alors comment ça va Sammy ? » Demanda Dean en mettant sa main sur le front de frère.
« Arrête de me toucher le front ! Je me sens mieux ! » Rétorqua Sam en poussant la main de son frère.
« Content que tu n‘es plus de fièvre, mais tu as toujours une tête de déterré. Tiens prend ça ! Ca devrait calmer tes maux de ventre.»
« Merci Dean. »
« Il n’y a pas de quoi, Sammy »
Sam avala deux gélules puis se recoucha aussitôt avant de se rendormir peu de temps après.
Cela faisait déjà deux heures que Dean consultait les informations sur le net, il finit par trouver quelques petits éléments concernant cette nouvelle mission.
Sam quant à lui se réveilla. Son mal de ventre s’était estompé et il se sentait mieux.
« Alors comment tu te sens ? »
« Beaucoup mieux. Je te remercies Dean.»
« Super Sammy ! Habille-toi on part pour Fayetteville. Je vais charger les bagages dans la voiture.»
« Tu acceptes d’y aller ? » Fit Sam, surpris.
«Oui ! Et dépêche-toi de t’habiller avant que je change d’avis », répondit Dean.
Dean rendit les clés à la réception. Quant à Sam, il mit les deux sacs dans le coffre puis attendit dans l’impala que son aîné le rejoigne. Dean s’installa au volant de la voiture et les deux frères quittèrent Columbia, en direction de Fayetteville.
La voiture roulait à vive allure lorsque Sam fut prit de nouveau par un mal de ventre.
« Dean, arrête-toi ! » Demanda-t-il à son aîné.
« Pourquoi ? »
« Dépêche-toi de d’arrêter ! »
« Encore !» Dit-il à son cadet en le regardant se tortiller sur son siège.
Voyant le visage pâle de son frère, Dean ne fit ni une ni deux et gara la voiture rapidement sur le bas côté de la route.
A peine la voiture arrêtée, Sam ouvrit sa portière et se mit à vomir.
Dean regarda son cadet avec inquiétude.
Inquiet car cela faisait déjà deux fois qu’il s’arrêtait sur la bas côté de la route pour voir son frère vomir en un laps de temps assez court.
Dean prit dans le bas de sa portière un paquet de mouchoir en papier et en sortit un du sachet. Il le donna à Sam pour qu’il s’essuie la bouche.
«Sammy, je ne sais pas ce que tu as, mais à la prochaine ville on s’arrête voir un médecin.»
« Oh ! Non ! Non ! Dean s’il te plait, pas ça… Je me sens déjà mieux », Répondit Sam en s’essuyant la bouche avec le mouchoir.
«Mieux ou pas Sammy, je ne fais pas cette mission si tu es malade. Donc tu n’as pas le choix : faut d’abord te faire soigner ! Et tu ne discutes pas, c’est un ordre ! » Expliqua Dean sur un ton autoritaire.
« Dean s’il te plait, tu sais bien que les hôpitaux et moi... », Supplia Sam d‘une petite voix, regardant son aîné avec des yeux de chien battu.
« Oui, ça je le sais ! Mais regarde-toi ! Tu as de la fièvre et tu n’arrêtes pas de vomir même avec les médocs que je t’ai donnés ! Il y a vraiment un truc qui ne tourne pas rond ! Et il est hors de question que je te laisse dans cet état !» fit Dean d’un ton sec.
Sam regarda son frère tout en se tortillant sur son siège, le mal de ventre qu’il avait depuis plusieurs heures le faisait de plus en plus souffrir.
Sam savait pertinemment que son aîné avait raison. La nouvelle affaire sur laquelle il était censé être ne pourrait pas se faire s’il était malade. Le cadet se résigna à l’avis de son aîné et acquiesça d’un léger oui de la tête.
Dean redémarra la voiture et reprit la route.
Sam s’affaissa contre la vitre de la portière et s’endormit pour le reste du trajet.
Dean jeta de temps en temps un œil sur son frère. Le voir dans cet état maladif n’était pas pour le rassurer. Sam n’était que rarement malade alors il espérait que ce ne soit pas grave.
Ils arrivèrent dans la ville de Springfield, Dean ralentit et la première chose qu’il fit fut de trouver l’hôpital. Il suivit la pancarte indiquant le lieu et se gara juste en face de l’entrée puis réveilla délicatement son frère qui malgré tout sursauta.
« Sam, Sammy réveille-toi… On est arrivé !» Fit Dean en secouant légèrement son cadet.
« Hein ? Quoi ? Où ça ? » Demanda Sam les yeux encore brouillés de sommeil.
« On est arrivé à l’hôpital », fit Dean montrant du doigt le bâtiment.
« Oh, Non ! Non ! Dean pas l’hôpital… »
« Et si petit frère, aller viens. »
« Dean s’il te plait… Je n’ai pas en….vie… » Répondit Sam en bafouillant.
« Pas la peine de me faire tes yeux de biche, cette fois-ci tu n’y échapperas pas ! »
« Dean, s’il te plait … » Supplia Sam.
« N’insiste pas, Sammy !» Menaça sèchement Dean.
Sam comprit que cela ne servait à rien d’insister. Son aîné était déterminé et cette fois il n’aurait pas raison.
Ils pénétrèrent dans l’hôpital ou Dean expliqua que son frère avait de la fièvre et qu'il était sujet à des vomissements.
La standardiste donna un formulaire d’admission à remplir ou comme d’habitude Dean inscrivit des informations bidon.
La standardiste reprit le formulaire et demanda aux deux jeunes hommes de s’asseoir dans la salle d’attente.
Sam n’eut pas le temps de s’y rendre qu’une douleur violente au bas du ventre fit son apparition. Elle fut si intense que Sam s’agenouilla à terre. Dean n’avait pas eu le temps d’intervenir que Sam se tordait de douleur au sol.
Deux médecins voyant la scène accoururent auprès de Sam et l’aidèrent avec Dean à l’installer sur un chariot.
Les médecins emmenèrent Sam en salle d’examen. Dean, qui avait été obligé de rester sur place, regarda le brancard s’éloigner d’un air inquiet.
EN SALLE D’EXAMEN.
Sam était toujours recroquevillé sur lui-même. La fièvre était réapparue et son visage avait pris un teint blafard. Des cernes sous ses yeux fatigués commençaient à faire leur apparition.
Quelques minutes plus tard, un spécialiste arriva pour l’examiner.
Il le palpa à différents endroits de son ventre et diagnostiqua une appendicite. Il ordonna donc aux infirmières de le mettre sous perfusion et de le préparer pour l’opération.
Sam n’était pas d’accord pour rester à l’hôpital. Il commença donc à vouloir se lever du brancard. Mais la douleur étant toujours aussi forte et persistante, il n’insista pas et se laissa faire.
Quant à Dean, il faisait les cent pas devant la porte de la salle d’examen, attendant impatiemment le verdict du médecin. Celui-ci ouvrit la porte et Dean se précipita pour solliciter des nouvelles de son frère.
« Alors Docteur, c’est grave ? » S’empressa-t-il de demander, anxieux.
« Faut l’opérer de …»
« L’opérer ? Mais de quoi ? » Coupa Dean.
« De l’appendicite. »
« Pardon ? Il a l’appendicite ? » Fit Dean surprit.
« Oui, c’est bien ça. Il y a combien de temps qu’il a des maux de ventre et qu‘il vomit ? »
« Depuis ce matin, enfin je crois.»
« Et bien il a de la chance d’être venu. Une journée de plus et cela aurait été plus grave. »
« Comment ça plus grave ?» Demanda Dean d’une voix inquiète.
« Oui ce genre d‘infection est banale si cela est prit à temps. Par contre, si on attend de trop, ça se transforme vite en péritonite. Je vais me préparer pour l’opération et je vous préviens dès qu’il sera installé dans sa chambre.»
Dean serra la main du docteur et se dirigea ensuite vers la machine à café. Il s’en servit un, puis alla dans la salle d’attente où il s’installa sur un siège, juste en face de la pendule.
Il regardait fixement la trotteuse avancer. Au fils du temps, les secondes devinrent des minutes puis des heures.
Au bout d’environ deux heures, Dean en avait assez d’attendre. Il était sur le point de se lever pour se rendre à l’accueil demander des nouvelles de son frère, lorsque le médecin vint le voir.
« Monsieur Conrad ? »
« Oui, comment va–t-il docteur ?» S’empressa-t-il de demander.
« L’opération s’est bien passée. Il a été installé dans sa chambre.»
« Puis-je le voir ? »
« Oui bien sur. »
« Quand pourra-t-il sortir ? » Demanda Dean inquiet.
« Oh là, pas si vite ! Même si c’est une opération bénigne, il faut absolument qu’il se repose quelques temps. »
« C'est-à-dire ? » Insista Dean.
« Si tout va bien il devrait sortir dans cinq jours.»
« Cinq jours ? Pas avant ! » Fit-il, surprit.
« Non. Pourquoi ? Il y a un problème ? »
« A vrai dire mon frère a la phobie des hôpitaux. Alors cinq jours enfermé ici, il ne va pas sauter de joie lorsque je lui annoncerai la nouvelle.»
« Bon écoutez. S’il n’y a aucune complication, on peut réduire le séjour à trois jours, mais pas moins.»
« Merci beaucoup docteur », Répondit-il en serrant la main du médecin.
Dean arriva devant la chambre de Sam, saisit la poignée de la porte puis entra. Sam venait juste de se réveiller. Il avait les yeux encore embués de sommeil à cause de l’anesthésie. Il avait un léger mal de tête, mais ses maux de ventre s’étaient estompés.
Dean s’approcha lentement du lit de son cadet, l’air anxieux.
« Comment tu te sens ? » Demanda-t-il, l’air gêné.
« Comme quelqu’un qui vient de subir une appendicectomie », Répondit son frère d’une petite voix.
« Je viens de discuter avec le doc qui t’a opéré. Il m’a dit que tu seras sorti dans trois jours. »
«Bonne nouvelle ! Parce que je n’ai pas envie de moisir ici. Et notre affaire ? » Demanda-t-il, légèrement anxieux.
« T’inquiète pas pour ça, on s’en occupera quand tu seras rétabli. »
« J’en ai déjà marre d’être ici !», ronchonna Sam en affichant sur son visage son mécontentement.
« Patience, mon petit Sammy, patience. Faut que tu te reposes. Pendant ce temps, je vais faire des recherches supplémentaires sur notre affaire.»
« Je voudrais t’y voir à ma place », se plaignit-il avec une mine déconfite.
« Relax Sammy. Dis-toi que dans trois jours, tu seras sorti d’ici », le rassura Dean avec un sourire moqueur.
« Ah ! Ah ! Très drôle, Dean !» Lança Sam avec une légère grimace de douleur.
« Je vais te laisser te reposer. Je vais aller nous chercher un motel et prendre une bonne douche. Je reviens te voir demain.»
« Ok ! A demain, Dean. »
L’aîné sortit de la chambre et reprit la route à la recherche d’un motel suffisamment proche de l’hôpital. Il ne fit que quelques mètres pour trouver ce qu’il cherchait et se loua une chambre avec deux lits séparés. Il déposa les deux sacs sur chacune des deux couchettes puis ouvrit le sien et prit son nécessaire de toilette afin de savourer une bonne douche. Il se rhabilla et partit à la recherche d’un petit resto. Il fit sa commande puis dégusta son repas. Ensuite, il retourna au motel où il se coucha et s‘endormit très vite.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Chez les Mc Kagan
La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures sur Fayetteville. Les lampadaires des rues étaient tous allumés, éclairant ainsi toute la ville. Noël approchait à grand pas, certaines demeures du quartier étaient illuminées par des guirlandes multicolores clignotantes.
Le vent froid s’était abattu sur la métropole et la neige s’était remise à tomber, recouvrant les arbres et les trottoirs d’un manteau blanc glissant. Zoé regardait par la fenêtre, les yeux dans le vague. Ses pensées à propos de Jason Watson n’avaient pas cessé depuis ce matin où elle avait compris qu’il était mort, certainement par sa faute. Des questions se bousculaient dans sa tête.
Soudain, elle réalisa qu’il ne reviendrait plus au lycée. Quelque part, elle se sentait soulagée. Son tortionnaire ne viendrait plus la violenter contre son casier, ni l’insulté, ni lui voler son argent de poche. Elle n’aimait pas avoir ce genre de pensées, mais que pouvait-elle y faire ? Il était mort et elle ne pouvait plus rien faire pour lui.
A force de réfléchir à tout ça, elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle quitta la fenêtre puis se dirigea vers son lit ou elle s’installa et contempla le plafond de sa chambre un long moment.
Même allongée, ses pensées ne s’étaient pas effacées et elles devenaient même malsaines. Tout ça se bousculait encore et encore dans sa tête, au point qu’elle en avait la migraine.
Pour se convaincre que finalement elle n’était pour rien dans la mort du jeune homme, elle prit une grande inspiration puis attrapa le livre et consulta la page sur laquelle elle avait inscrit les notes concernant Jason Watson.
Elle fixa la page longtemps, regardant les initiales J.W écrites en noir. Les larmes n’en finissaient plus de rougir ses yeux et coulaient abondamment le long de ses joues. Le profond malaise qu’elle ressentait, la submergeait.
Lorsqu’elle voulut refermer le livre, elle n’y parvint pas. Curieusement quelque chose l’empêchait de le plier, comme si une force invisible retenait la fermeture du manuscrit. Son cœur se mit à battre plus rapidement. Sa respiration devint saccadée. Sa peur se transforma en terreur et son réflexe fut immédiat : elle jeta violement le manuscrit qui retomba durement sur le sol. Lors de son atterrissage, il s’ouvrit à la dernière page sur laquelle il n’y avait qu’un minuscule point rouge.
Zoé ne s’en aperçut pas. Elle était encore sous le choc de ce qu’il venait de se passer devant elle.
La jeune fille se coucha en tremblant et pour se rassurer de toute cette peur soudaine, elle s’emmitoufla sous la couette puis s’endormit en position fœtale.
Quelques heures plus tard, dans la nuit, Zoé fut réveillée en sursaut par un sifflement qui lui perça les oreilles. Elle ouvrit les yeux, se mit en position assise et examina sa chambre. Elle ne vit par grand-chose. Le livre était toujours par terre mais la page à laquelle il était ouvert, était illuminée d’une faible lumière rouge.
Elle observa quelques instants le phénomène, lorsque soudain elle eut un frisson qui lui parcourut le corps de la tête au pied. La peur s’empara alors une nouvelle fois d’elle. Malgré la crainte qu’elle venait de ressentir, elle se rallongea, et essaya de se rendormir se forçant à penser qu’il ne s’agissait que d’un cauchemar. Mais la lumière émise par le manuscrit l’en empêchait. Au bout d’un moment, elle finit par se rasseoir et prit son courage à deux mains pour se lever. Elle s’avança lentement en direction de cette lumière étrange. Elle s’agenouilla lentement à côté du livre, puis le saisit précautionneusement. Elle posa alors ses yeux sur la page. Soudain la lumière rouge devint plus intense et envahit son visage puis son esprit.
Elle essaya d’échapper à ce qui lui arrivait, mais elle n’y parvenait pas. Cette force étrange l’obligeait à rester les yeux ouverts dans cette lumière rouge aveuglante. Lorsque ce fut fini, Zoé s’écroula dos au sol. Elle voulut immédiatement s’asseoir, mais elle fut prit d’un vertige avec un terrible mal de tête. Elle resta donc quelques instants allongée sur le parquet.
Au bout d’une dizaine de minutes, elle réussit à se redresser. Elle se traîna jusqu'au mur le plus proche afin de pouvoir soutenir son dos.
Elle resta dans cette position une bonne quinzaine de minutes, se frottant les tempes avec ses doigts, espérant que ce mal de crâne partirait. Elle entreprit alors de se relever du sol. Elle posa donc sa main droite par terre et prit appui sur le mur qui était derrière elle avec la gauche. Ensuite elle se hissa le long de la cloison jusqu'à ce qu’elle soit enfin debout. Elle marcha en chancelant jusqu'à son lit où elle se laissa tomber.
La douleur lancinante de son mal de tête ne s’était pas effacée pour autant, ce qui l’obligea à se relever pour se rendre dans la salle de bain. Peu alerte, elle réussit à prendre dans l’armoire à pharmacie un flacon de comprimés de paracétamol et en prit un, espérant soulager la douleur rapidement.
Chancelante, elle retourna ensuite dans sa chambre où elle se blottit sous sa couette. Il lui fallut près d’une demi-heure avant de pouvoir s’endormir. Elle s’enfonça alors dans un sommeil profond qui la plongea dans un cauchemar forcé, dans lequel elle était prisonnière pour la nuit.
Le cauchemar de Zoé.
Elle était dans une pièce sombre et froide. Elle était si effrayée que son cœur se mit à palpiter de plus en plus vite. Sa respiration était devenue courte et rapide et des gouttelettes de sueur perlaient le long de son visage apeuré.
Mais où se trouvait-elle ? Elle aurait bien aimé pouvoir courir pour s’enfuir de cet endroit sordide, mais elle ne le pouvait pas.
Elle était comme prisonnière d’une force invisible qui la retenait dans son subconscient.
Pourquoi ne pouvait-elle pas se réveiller ? Pourquoi était-elle dans cet endroit maudit ?
Tout ce qu’elle voulait, c’était sortir de cette horrible pièce qui l’effrayait au plus au point. Elle se doutait bien que si elle voulait s’extirper de ce cauchemar, elle devrait avant tout accepter son sort. Elle se résigna donc difficilement et commença à inspecter la pièce dans laquelle elle se trouvait, faisant lentement un tour sur elle-même. Elle aperçut, tout au fond de celle-ci, une lumière rouge éclatante.
Elle avança doucement un pas après l’autre vers cette lueur. Lorsqu’elle y arriva, quelque chose vint à sa rencontre.
Terrifiée par cette ombre aux yeux rouge sang luisants qui étaient face à elle, elle voulut faire demi-tour. Mais le spectre se figea devant elle et elle poussa un hurlement.
Le spectre l’attrapa avec ses mains aux doigts crochus. Puis il lui saisit le bas du visage et lui ordonna de faire quelque chose pour lui. «Tu écriras dans le livre tous les noms et prénoms que je vais t’énoncer, ainsi que les dates qui correspondent à leurs mort. Il y en a sept. Tu dois impérativement faire ce que je te dis, sinon je n’aurais pas d’autre choix que de te tuer, comme je l’ai fait avec les autres… Ah ! Ah ! Ah !» Fit-il d’une voix forte et menaçante.
Il lui murmura à l’oreille toutes les personnes qu’elle devait inscrire sur le manuscrit. Zoé était tellement terrorisée par cet être maléfique qu’elle en resta bouche bée. L’angoisse qu’elle ressentait était si profonde que tout son corps se mit à trembler. Son visage était devenu livide et son souffle était si court qu’elle en avait la tête qui tournait. Elle vacilla puis s’écroula sur le sol dur et humide de ce lieu dégoûtant…
Zoé se réveilla en sursaut et en sueur, totalement désorientée. Elle se passa la main droite sur son visage pâle et apeuré, puis regarda autour d‘elle, essoufflée.
Elle mit quelques minutes avant de reprendre une respiration normale, puis elle se leva de son lit et se rendit à la salle de bain pour prendre une bonne douche qu’elle savoura longtemps avant de sortir de la salle d’eau.
Quelques instants plus tard, elle sortit puis retourna dans sa chambre s’habiller et empoigna le manuscrit les mains tremblantes. Elle s’installa sur la chaise devant son bureau où elle prit un stylo plume à encre noir et écrivit ce que lui avait demandé cette chose monstrueuse sans forme.
Le premier nom qu’elle y nota était celui d’un ami du jeune homme décédé. C’est vrai que c’était un mauvais garçon sans scrupule prêt à suivre Jason dans tout ce qu’il faisait. Malgré tout, elle écrivit à contre cœur et avec la main hésitante le nom et le prénom du jeune homme : Wilding Liam ; ainsi que l’heure et la date à laquelle le jeune homme devait mourir, exactement comme elle l’avait fait auparavant pour Jason Watson. Zoé referma le livre puis retourna sur son lit où elle s’écroula en larmes.
Elle passa la journée à se morfondre dans sa chambre sans en sortir, si bien que sa maman commença à s’inquiéter pour elle.
Sa mère hurla à plusieurs reprises au bas de l’escalier. N’ayant aucune réponse de la part de sa fille, elle monta les marches puis toqua à la porte.
« Zoé, tu es là ? Zoé, est-ce que ça va ? » S’inquiéta-t-elle.
« Oui, Oui, Maman ! Je suis là et ça va bien ! » Mentit-elle en s’essuyant les larmes qui ruisselaient de ses yeux.
« Je peux entrer ?»
« Attends quelques secondes maman. Je finis de m’habiller», argumenta-t-elle pour gagner du temps.
Zoé se hâta d’allumer son ordinateur puis s’assit devant son bureau comme si rien ne s’était passé et autorisa sa mère à pénétrer dans sa chambre.
« Zoé, tout va bien ma chérie ? » Demanda-t-elle inquiète.
« Oui maman, ça va », répondit la jeune fille sur un ton qui se voulait rassurant.
« Tu es sûre ? »
« Oui, maman. Si je te le dis ! »
«Le dîner sera prêt dans une demi-heure »
« D’accord maman. »
La maman de Zoé referma la porte de la chambre puis redescendit l’escalier pour finir de préparer le repas du soir. Zoé se jeta alors sur son lit, replongeant dans le gouffre sans fond de son désespoir, laissant toute sa détresse s’évacuer au cœur des larmes qu’elle versait abondamment.
Demeure des Wilding.
Liam Wilding était un jeune homme de dix-sept ans, fils unique d’un couple qui travaillait ensemble dans la même entreprise. C’était d’ailleurs sur ce lieu de travail qu’ils s’étaient rencontrés. Le père de Liam en était le directeur tandis que sa mère était la responsable du secteur informatique. Comme tout garçon qui se respecte, Liam était un ado qui adorait les jeux vidéo de combats où il faut exterminer des créatures malfaisantes et exploser des bestioles bouffeuses de chaire humaine. Il possédait également des jeux de courses de voiture.
Ce soir-là, aux environs de vingt-trois heures trente, le jeune Liam n’était pas encore couché. Il s’était assis sur le bout de son lit, installé devant sa télévision avec une manette de jeu à la main. Il s’acharnait depuis plus de deux heures sur un jeu de combat dans lequel il devait tuer une sorte de grosse bestiole avec une apparence horrible. N’arrivant pas à ses fins, il s’obstinait encore et encore sur la manette de sa console. Il sentit alors la colère monter en lui puis finit par se lever brusquement de son lit et d’un geste colérique lança la manette de jeu à travers la pièce. Celle-ci rebondit contre le mur et s’écrasa sur le parquet, s’éclatant en plusieurs morceaux.
Il fit ensuite quelque pas puis il éteignit la console et la télévision puis se laissa tomber sur son lit, en essayant de se calmer les nerfs.
Le jeune homme était manifestement très énervé parce qu’il eut beaucoup de mal à trouver le sommeil. Il mit plusieurs heures avant de pouvoir s’endormir, se retournant inlassablement dans son lit.
Aux environs de trois heures et demie du matin, il se réveilla à cause d’un bruit étrange. Une sorte de petits clapotis réguliers résonnaient dans sa chambre. D’où pouvait venir ce bruit ? Il toucha instinctivement le bouton de sa lampe de chevet puis appuya dessus, mais aucune lumière ne vint éclairer la chambre. Il tenta une nouvelle fois mais rien ne s’allumait. Il sortit de sous sa couverture et se leva puis cliqua sur l’interrupteur de la lumière principale, mais comme pour la lampe de chevet aucun éclairage n’avait lieu.
Il se dirigea alors vers la sortie de sa chambre et agrippa la poignée de la porte. Il avait beau essayer d’actionner celle-ci, elle restait irrémédiablement bloquée.
Il sentit un souffle glacial sur ses épaules et son cou. Un frison parcourut son échine puis il se retourna lentement en tremblant de tous ses membres. Il se trouva nez à nez avec la créature qui était habillée d’une longue cape noire, sa capuche sur la tête ne laissant qu’apparaître, dans une nuit sans lune, ses yeux rouges luisants. La panique s’empara de lui, il se mit à hurler mais comme pour Jason aucun son ne sortit de sa bouche. Le spectre fixa quelques secondes le jeune Liam puis d’un coup violent pénétra la poitrine du jeune homme avec sa main crochue et glaciale. Puis il empoigna son cœur et le serra lentement et fortement.
Sous l’effet de cette emprise le jeune homme commençait à étouffer. Son visage rose se transforma en un teint blanchâtre. Son souffle devenu faible se faisait presque inexistant. Des cernes sous ses yeux s’étaient formés par le manque d’air et la pression exercée sur son cœur.
Ne pouvant plus respirer, Liam ferma les yeux et s’écroula lentement sur le sol de sa chambre la bouche ouverte et la main sur sa poitrine.
La créature ayant terminée sa tâche retira doucement sa main de la poitrine du jeune homme puis repartit d’un air réjoui en glissant sournoisement vers la sortie aussi vite qu’elle était venue.
Aux environs de onze heures trente du matin, la mère du jeune homme n’ayant pas vu son fils de la matinée s’inquiéta. Elle se rendit dans sa chambre et frappa à la porte. « Liam ! Liam ! Je sais que c’est les vacances mais faudrait penser à te lever ! Il est déjà onze heures trente ! Allez Liam, debout ! » N’ayant toujours aucune réponse, elle attrapa la poignée de la porte et l’ouvrit. Quelle fut sa surprise lorsqu’elle découvrit son fils étendu sur le parquet.
La première chose qu’elle fit fut de hurler de terreur, puis la panique s’empara d’elle. Elle s’agenouilla auprès de son enfant et mit les deux doigts de la main droite sur sa veine jugulaire. A son grand désespoir, elle ne sentit aucune pulsation. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle fixa son fils plusieurs minutes, totalement anéanti par la découverte de son corps sans vie.
Après une trentaine de minutes la mère du jeune homme se résigna à se lever. Elle se releva avec difficulté, ses jambes flageolaient à chaque pas qu’elle faisait. Elle se dirigea lentement en titubant vers le téléphone et composa la main hésitante, le numéro de téléphone des autorités compétentes. Elle signala la voix remplie de sanglot, le décès de son fils. Quelques minutes plus tard, la police et l’ambulance arrivaient sur les lieux du drame.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Le lendemain matin Dean se leva, prit sa douche et alla prendre un petit déjeuner rapide dans le Fast-food de la veille. Une fois rassasié, il retourna au motel. Il prit ensuite le PC de son frère et consulta quelques pages d’Internet. Il découvrit qu’un autre jeune homme était décédé dans les mêmes circonstances que Jason.
Déjà deux morts, se dit-il et du même âge. Finalement Dean en conclut que son cadet avait raison : mourir aussi jeune d’une crise cardiaque foudroyante n’avait rien de naturel.
Il empoigna les clés de l’impala puis partit voir Sam à l’hôpital. Il se gara sur le parking et se dirigea en toute hâte vers la chambre de son cadet.
« Bonjour, Sam.»
« Salut, Dean »
« Alors comment ça va ? »
« Fatigué, mais je me sens mieux. »
« J’ai fais des recherches sur le net concernant notre affaire. »
« Ah oui !? Et tu as trouvé quelques choses ? »
« Oui. »
« Vas-y je t’écoute ! »
« Il y a eu un autre mort cette nuit. »
« Un autre mort ? » Coupa Sam étonné.
« Ouep ! Et dans les mêmes circonstances que le premier jeune homme. »
« Ce n’est pas une coïncidence ! »
« Non, je ne crois pas Sammy ! Tu avais raison, ce n’est pas quelque chose de naturel cette histoire. »
« Content de te l’entendre dire ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« Toi rien ! Je vais aller faire un tour à la morgue de Fayetteville pour voir de quoi il s’agit. »
« Bonne idée. Tu me raconteras ? »
« T’inquiète Sammy, je reviens te voir dès que j’ai du nouveau.»
Dean quitta la chambre de Sam, retourna au motel, mit un beau costume et une cravate puis il partit pour la morgue de Fayetteville.
Quand à Sam il était encore légèrement assommé par l’anesthésie. Il aurait préféré mille fois partir avec son frère mais le sommeil commençait à l’appeler. Ses paupières papillonnaient et il se frotta les yeux à plusieurs reprises afin de rester éveillé. A cet instant, il aurait bien aimé prendre un café bien corsé pour éviter de plonger dans cet horrible cauchemar auquel il devait faire face depuis un peu plus d’une semaine. Il n’en pouvait plus. Il était las de subir ce délire psychologique de son subconscient. Mais malgré sa crainte, l’anesthésie de cette opération l’avait épuisé. L’appel du sommeil n’était pas loin et même en résistant, Sam finit par s’endormir. Une fois de plus le cauchemar revint le hanter.
Dean arriva sur place et il se présenta avec une fausse carte du F.B.I. La personne qui était à l’accueil le conduisit auprès du médecin qui avait fait l’autopsie des deux jeunes hommes.
« Bonjour Docteur », fit Dean en serrant la main du légiste.
« Bonjour, agent Murdock ? »
« Oui, c’est bien ça. Que pouvez vous me dire sur les deux victimes.»
« Ils sont morts d’une crise cardiaque foudroyante. »
« Vous en êtes sûr ? Parce que mourir aussi jeune d’un arrêt du cœur, c’est bizarre. »
« Je sais que cela paraît bizarre et je comprends votre étonnement. Lorsque j’ai examiné les cœurs des deux victimes ils étaient en piteux état, comme si quelque chose les avait compressés. J’ai vu beaucoup de choses dans ma vie, mais ça ce n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours.»
« D’après vous, c’est une cause naturelle ? »
« Je serais tenté de dire non.»
« Pourquoi ça ? » s’étonna Dean.
« Premièrement les deux victimes étaient bien trop jeune pour mourir d’une telle chose et deuxièmement leurs cœurs ne présentaient aucune malformation qui aurait pu indiquer qu’ils étaient malades de ce côté-là ! Mais vu l’état dans lequel je les ai trouvés, je ne peux qu’affirmer qu’ils sont bel et bien morts d’une crise cardiaque foudroyante.»
« Ce qui voudrait dire que d’après vous ils ne sont pas mort d’une cause naturelle, mais de quoi alors ? »
« Ça c’est à vous de le trouver, car pour ma part les familles veulent savoir de quoi ils sont décédés et voudraient bien pouvoir enterrer leurs enfants le plus vite possible. C’est pour ça que je suis obligé de dire qu’ils sont morts d’une crise cardiaque. Alors si vous pouvez enquêter sur cette affaire afin de savoir réellement ce qui les a tués, faites-le !»
« Merci docteur et au revoir », fit Dean en serrant de nouveau la main du médecin.
« Au revoir, agent Murdock », dit le médecin en refermant la porte de la morgue derrière Dean.
Dean quitta la morgue de l’hôpital l’air perplexe. Il remonta dans l’impala puis roula jusqu’à Springfield.
Quelques heures plus tard, il arriva sur le parking de l’hôpital et se hâta d’aller voir Sam dans sa chambre. Ce dernier était réveillé depuis peu lorsque son aîné pénétra dans la chambre.
« Salut Sammy.»
« Déjà de retour ? Tu as fais vite ! Alors tu as trouvé quelque chose d’intéressant? » Demanda rapidement Sam à son aîné.
« Oui, déjà de retour mon petit Sammy. Et oui, j’ai appris des choses intéressantes. D’après le médecin légiste les deux jeunes sont décédés de quelque chose de pas naturel, il dit que leurs cœurs ont été compressés par quelque chose. »
« Ah oui ? Mais par quoi ? » Demanda Sam, étonné.
« Et il n‘y a pas que ça, il m’a dit qu‘il était obligé de dire aux familles qu‘ils étaient morts d‘une crise cardiaque foudroyante pour qu‘elles puissent faire le deuil de leurs enfants», expliqua Dean.
« On ne peut pas lui en vouloir. C’est dur de perdre un enfant. »
« Je devrais peut-être interroger les familles ? »
« Pourquoi pas ! »
« Je vais retourner à Fayetteville et interroger les deux familles. »
« Je viens avec toi ! »
« Certainement pas Sammy ! Toi, tu restes ici et c’est un ordre !»
« Je viens avec toi quoi que tu dises ! » Répondit Sam d’un ton sec.
« Non mais tu es inconscient ou quoi !? Tu viens de subir une opération et toi tu veux m‘accompagner ! Il me semble que le doc t’a dit que tu devais te reposer jusqu’à demain après-midi ! Alors je te dis non ! Tu restes ici ! C’est un ordre et comme c’est moi l’aîné tu feras ce que je te dis !» Fit Dean d’un ton autoritaire, tout en fusillant son cadet du regard.
Vu le regard que son aîné venait de lui lancer, Sam avait bien compris qu’il n’avait pas vraiment le choix. Il baissa la tête l’air déçu. Mais en même temps, il savait pertinemment que Dean avait raison. Il n’insista donc pas plus longtemps sur le sujet et acquiesça d’un léger oui de la tête. Dean quitta la chambre de l’hôpital puis repartit pour la deuxième fois de la journée à Fayetteville. Dean se gara le long du trottoir, puis chercha dans la boîte à gants sa fausse carte de F.B.I. Il ajusta sa cravate puis descendit de l’impala et avança vers la demeure des Watson. Il frappa à la porte et un homme d’une cinquantaine d’années lui ouvrit.
« Bonjour.»
«Bonjour, Mr Watson ? »
« Oui ! Qui le demande ?»
« Agent Murdock du F.B.I., puis-je entrer ? » Fit Dean en montrant son insigne.
« Bien sûr.»
« J’aurais quelques questions à vous poser sur le drame qui vous a touché. »
« Pourquoi le F.B.I. enquêterait sur la mort de notre enfant ? » Demanda Mr Watson, étonné.
« Il nous manque quelques éléments pour boucler cette affaire. Mais ne vous inquiétez pas, c’est juste la routine.»
Le père de Jason invita Dean à passer dans le salon où il le présenta à sa femme.
« Chérie, voici l’agent Murdock du F.B.I. Il est venu pour nous poser des questions sur Jason. »
« Le F.B.I. ? » Dit-elle étonnée en fixant Dean de son air accablé.
« Bonjour. Oui, Madame. Mais rassurez-vous, ce n’est qu’une formalité.» Répéta-t-il une deuxième fois.
Ils invitèrent Dean à s’asseoir sur le fauteuil de cuir blanc du salon. Il sortit de la poche de sa veste un petit carnet et un stylo avant de commencer l’interrogatoire.
«Votre fils avait-il des problèmes de santé ? »
« Non, il n’était que rarement malade. Juste les maladies infantiles quand il était enfant.»
« Vous n’avez rien remarqué de spécial dans son comportement, ce soir-là ? »
« Non. La soirée s’est passée comme d‘habitude.»
« Etait-il plus fatigué que les autres jours ? »
« Non. Il était même en pleine forme.»
« Avait-il des ennemis ? »
« Non, pas que l’on sache. Jason était un jeune homme très discret. Il ne parlait pas beaucoup. C‘était quelqu‘un de réservé.»
« Je n’ai plus de question à vous poser. Je vais donc vous laisser tranquilles maintenant et je vous remercie de votre coopération », fit-il en se levant du canapé.
« Il n’y a pas de quoi », répondit le père.
« Toutes mes condoléances », compatit Dean en serrant la main de la femme aux yeux rougis par le chagrin.
Mr Watson le raccompagna à la porte d’entrée. Ils se serrèrent la main et Dean se dirigea vers sa voiture. Du coin de l’œil, il aperçut quelqu’un l’observer du haut d’une fenêtre de l’autre côté de la rue, juste en face de la demeure des Watson. Il s’arrêta et observa quelques instants puis il marcha sur le trottoir et se dirigea vers la maison de la famille Wilding, située un peu plus loin dans le même quartier. Il leur posa les mêmes questions qu’il avait soumises aux Watson. Vers la fin de l’interrogatoire, il demanda s’ils connaissaient la demeure qui était juste en face de la maison des Watson. Il apprit qu’il s’agissait du domicile des Mc Kagan. L’entrevue terminée, Dean serra la main de Mr et Mme Wilding puis retourna à sa voiture. Il jeta un œil à la fenêtre où il avait repéré la jeune fille qui l’observait mais elle avait disparu. Il réfléchit quelques secondes puis prit la décision d’aller questionner cette famille également. Après tout, peut-être qu’ils auraient quelque chose à lui apprendre sur les jeunes hommes décédés. Il traversa donc la rue puis se présenta au domicile de Zoé.
« Bonjour, Madame Mc Kagan ?»
« Oui. »
« Agent Murdock, pourrais-je vous parler ? »
« C’est à quel sujet ? »
« J’enquête sur le décès de vos deux jeunes voisins. Pourrais-je vous poser quelques questions ? », Demanda Dean montrant son insigne.
« Le F.B.I. ! C’est si sérieux que ça ? »
« Disons que c’est une enquête de routine. »
La maman de Zoé laissa entrer Dean dans le couloir et elle l’invita à venir s’asseoir sur une chaise de la cuisine. Puis elle lui proposa une bière qu’il refusa, prétextant qu’il était en service. Il reprit son petit bloc-notes puis posa les questions nécessaires.
« Vous avez des enfants Mme Mc Kagan ? »
« Oui, une fille. »
« Connaissait-elle les deux jeunes hommes qui sont décédés ? »
« Oui, bien sûr. Elle fréquente le même Lycée, comme la plus part des jeunes de son âge de Fayetteville.»
« Etait-elle amis avec eux ? »
« Non, pas vraiment. Jason et Liam se moquaient souvent d’elle à cause de son léger handicap.»
« Votre fille est invalide ? » S’étonna Dean.
« Oui, à la suite d’une maladie qu’elle a eu à l’âge de six ans. »
« Aucun changement dans son comportement ces temps-ci ? »
« Non. Elle est toujours aussi discrète. Elle est souvent enfermée dans sa chambre à lire ou à travailler sur son ordinateur. »
« Elle ne sort jamais ?» S’étonna Dean.
« Si, elle va au lycée tous les jours et pendant les vacances scolaires, elle fait du babysitting chez Melle Willard. Cela lui fait un peu d’argent de poche. »
« Melle Willard ? Qui est-ce ? » Demanda Dean, sachant d’avance qu’il connaissait la réponse.
« C’est une voisine qui habite plus haut dans la même rue. Elle a une petite fille qui va bientôt avoir quatre ans.»
« Bon je pense en avoir fini avec mes questions. Merci d’avoir bien voulu répondre. Au revoir Mme Mc Kagan », répondit Dean en se levant de la chaise.
Mme Mc Kagan raccompagna Dean à la porte. Ils se serrèrent la main et il retourna vers l’impala. Toutefois, avant de monter dans la voiture, il jeta un œil rapide à la fenêtre du haut de la maison. Comme il s’y attendait, il ne vit personne. Il monta dans la Chevrolet puis démarra et repartit en direction de Springfield pour rejoindre Sam à l’hôpital. Dean arriva sur le parking de l’hôpital puis retourna dans la chambre de Sam. Lorsqu’il arriva sur place, son frère n’était plus là. Affolé par la disparition de son cadet, il le chercha dans tout l‘étage de l‘hôpital.
Connaissant Sam et sa phobie des hôpitaux, il préféra lui téléphoner avant d’aller signaler sa disparition au point d’accueil. Il sortit son téléphone portable de sa poche et sélectionna son numéro dans le répertoire.
Quand Sam entendit son téléphone sonner, il savait que ce serait le numéro de Dean qui serait affiché sur son écran. Il hésita à décrocher. Toutefois, il savait que son aîné serait encore plus inquiet et en colère s’il ne répondait pas. C’est seulement au bout de cinq sonneries qu’il se décida à décrocher.
« Sam ? T’es où bordel ?» Dit-il sur un ton sec.
« Au motel », répondit calmement Sam
« Mais qu’est-ce que tu …»
« Te fâche pas Dean ! » Coupa immédiatement Sam, ne lui laissant pas le temps d’en placer une.
Sam savait pertinemment que lorsque Dean arriverait au motel, il serait certainement dans une colère noire et qu’il aurait intérêt à avoir une bonne explication.
Dean raccrocha son téléphone furieux et fonça au motel.
Lorsqu’il arriva sur le parking du motel, il gara la voiture sur une place et courut en direction de la porte qu’il ouvrit à la volée et referma dans un claquement sonore. Sam était sur le lit, pianotant sur son PC comme il avait l’habitude de le faire. Le claquement de la porte le fit sursauter.
Dean foudroya son cadet du regard, lui faisant comprendre son mécontentement.
« Sam ! Mais qu’est-ce que tu fous là ?» Dit-il furieux.
« Dean, calme-toi !»
« Me calmer ! Mais tu te fous de moi ! Je te signale que je t’ai cherché partout dans l’étage de l’hôpital ! Et je te retrouve ici tranquillement devant ton PC ! » Fulmina-t-il.
« Dean, s’il te plait, arrête de hurler. Je vais t’expliquer ! »
« Que j’arrête de hurler !? Comment tu veux que je réagisse, hein ? J’étais inquiet, j’ai cru que tu avais fais une rechute ! »
« Dean, comprends moi. J’en pouvais plus d’être seul dans cette chambre sans pouvoir t’aider », expliqua Sam d’un air désolé tout en fixant son aîné avec des yeux de chien battu.
« Parce que tu crois que tu va m’aider dans ton état ! »
« Mais je sens mieux et j‘ai plus de fièvre.»
« Je sais bien que tu as la phobie des hôpitaux, mais Sammy tu as subi une opération…»
« Une opération banale je te rappelle », le coupa-t-il rapidement.
« Banale ou pas, tu devais rester dans cet hôpital jusqu’à demain après-midi ! Tu n‘es vraiment pas sérieux ! » Rétorqua Dean toujours aussi furieux.
« Arrête de me materner comme si j’étais un gamin ! Au cas où tu n’aurais pas remarqué je suis un adulte et je suis assez grand pour savoir ce que je dois faire.»
« Ah oui ! Assez grand pour faire des conneries ! Ça c’est sûr ! Ne me refais jamais un coup pareil ! »
« C’est bon. On peut parler d‘autre chose, maintenant ? » Fit Sam essayant de changer de sujet.
«J’en ai pas fini, Sammy !» Insista le plus vieux.
« Dean, c’est bon ! J’ai compris. Tu n’es pas content de ce que j’ai fait. Mais maintenant on pourrait discuter de notre affaire ! Tu as du nouveau ? » Demanda Sam en essayant de calmer le jeu avec son aîné.
« Oui ! J’ai interrogé les parents des deux jeunes décédés et j’en ai même profité pour interroger la mère d’une Lycéenne », raconta Dean en se radoucissant
« Ah oui, raconte. »
Dean prit deux bières dans le petit frigo, le referma du pied, et en proposa une à son cadet, qui refusa gentiment.
Puis il retira sa veste qu’il déposa sur le bout du lit et expliqua tout ce qu’il avait fait.
« J’ai interrogé la famille Watson et de ce côté-là rien. Ils disent que leur gamin était en bonne santé et qu’il était rarement malade. »
« On n’a donc aucun indice », déplora Sam.
« Attends, je n’ai pas fini. Lorsque je suis sorti de chez eux, j’ai vu quelqu’un observer de la fenêtre en face. J’ai d’abord voulu aller voir la deuxième famille et pareil que pour le premier : aucun problème cardiaque, ni fatigue intense et aucun changement de comportement.»
« C’est bien ce que je te dis, on n’a rien !» Insista Sam.
« Pas sûr ! Car lorsque je suis reparti de chez les Wilding, je suis allé voir cette famille où j’avais vu quelqu’un à la fenêtre. Et j’ai discuté avec la mère. Figure-toi que sa fille fait du baby-sitting. »
« Et alors ? Beaucoup de jeunes filles font ça pour avoir un peu d’argent de poche. »
« Oui, mais elle fait du baby-sitting pour quelqu’un que l’on connaît tous les deux. Devine qui est la gagnante ? »
« Ne m’dis pas que c’est Suzy ? »
« Dans le mille, mon petit Sammy ! » Répondit Dean, enjoué.
« Tu crois qu’il y aurait une coïncidence entre cette histoire et la baby-sitter ? »
« J’en sais rien, mais sa mère m’a dit que les deux jeunes décédés se moquaient fréquemment de sa fille car elle a une légère invalidité.»
« Donc on n’est toujours au point de départ. On ne sait toujours pas ce qui les as tués.»
« Non. Mais on devrait peut-être creuser du côté de la baby-sitter. Qui sait, elle nous apprendra peut-être quelque chose d’intéressant.»
« Pourquoi pas ! De toute façon, c‘est la seule piste que l‘on ait.»
« Ok ! On retourne à Fayetteville, demain matin. »
« Et pourquoi pas aujourd’hui ? »
« Parce que tu dois d’abord te reposer ! »
« Dean ! Regarde-moi ! Je vais bien. »
« Et alors, même si tu vas bien, on n’décollera que demain ! Et tu ne discutes pas ! Sur ce, je vais aller prendre une bonne douche », dit Dean sur un ton autoritaire.
La soirée se passa dans le calme. Les deux frères étaient allés manger un morceau dans un resto sympa de la ville puis ils rentrèrent au motel où Sam reprit ses recherches sur le net. Quant à Dean, il resta allongé sur son lit à regarder la télévision. Au bout un moment, il finit par s’endormir devant.
Sam, voyant que son frère dormait, éteignit la télévision et se remit derrière l’écran de son ordinateur. Au bout de deux heures de recherche sur le net, le sommeil commença à l’emporter. Il essaya de résister, mais ses bâillements à répétitions avaient fini par avoir raison de lui. Il referma son PC puis alla se coucher. Il ne mit pas longtemps à s’endormir et replongea alors dans ce cauchemar terrifiant auquel il ne trouvait aucune interprétation. Toujours la même pièce aussi froide et toujours ces gémissements d’enfant. Et cette douleur lancinante qu’il ressentait à chaque fois qu’il était éjecté contre la paroi. Il recherchait encore et encore l’endroit où il se trouvait. Poussé pas la curiosité, comme à chaque fois qu’il faisait cet affreux cauchemar, il avançait en direction des sanglots, passant une porte puis une autre. La peur et l’angoisse s’emparèrent de lui et tandis qu’il poussa la dernière porte, il vit à nouveau cette effrayante scène. Cette fois-ci, il fut surprit car il reconnut vaguement quelqu’un, chose qu’il n’était pas arrivé à distinguer jusqu’à maintenant. Il se réveilla, comme à chaque fois, en sursaut, son cœur battant à vive allure et transpirant à grosses gouttes. Sans compter que le mal de tête avait resurgit au moment de son réveil forcé. Il jeta un œil sur sa montre : elle indiquait quatre heure et quart. Il essaya de reprendre une respiration normale avant de pouvoir se lever afin de se rendre dans la salle de bain pour avaler deux comprimés de paracétamol, histoire de calmer son mal de crâne. Ceci fait, il reprit son ordinateur pour consulter le net et continua les recherches en espérant trouver quelque chose de concluant sur leur affaire qui, à son goût, traînait en longueur depuis quelques jours.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Chez les Mc Kagan.
C’était l’heure pour Zoé d’écrire le nom de la prochaine victime sur le manuscrit. C’était également un ami de Jason Watson. Elle l’écrivit au crayon de papier. Sa main tremblait d’appréhension sachant pertinemment que la prochaine victime allait mourir par sa faute. Les larmes chaudes coulaient le long de ses joues. Elle aurait tant voulu ne pas être obligée d’écrire sur ce maudit bouquin. Elle essuya ses joues pour enlever les larmes qui avaient mouillés son visage.
Elle hésita un petit moment puis elle nota le nom et prénom de Whistler Marvin, ainsi que l’heure à laquelle il devait périr.
Elle était prisonnière de cette chose qui avait menacé de la tuer si elle n’exécutait pas ses ordres.
Cet être maléfique lui avait fait tellement peur. L’emprise de cette chose était trop forte pour qu’elle résiste.
Elle n’avait pas le choix. C’était faire ce que l’esprit lui avait demandé ou mourir comme ces jeunes, c'est-à-dire dans d’atroces souffrances. Combien elle regrettait d’avoir acheté ce livre et ce vieux bonhomme derrière son stand aurait dû la mettre en garde. Cela lui aurait évité bien des embêtements. Rien que de savoir que ces jeunes étaient morts à cause de ce qu’elle avait écrit, l’écœurait. Elle se sentait de plus en plus mal. Elle n’avait plus le goût à rien ou peut-être d’une seule chose : que tout cela arrête et pour de bon.
Comme toutes les autres fois où elle écrivit, elle eut énormément de mal à trouver le sommeil, se retournant inlassablement dans son lit. A force d’avoir pleuré, la fatigue la gagna et elle réussit à s’endormir.
Demeure des Whistler.
Le vent froid soufflait le long des volets de la chambre du jeune Marvin, âgé de dix-sept ans, lorsqu’un bruit de claquement se fit entendre, ce qui le réveilla.
Il alluma sa lampe de chevet, regarda sa montre les yeux encore embués de sommeil. Celle-ci indiquait 02H03. Il scruta sa chambre à la recherche de ce qui l’avait réveillé en sursaut et réalisa que c’était le vent qui frappait le volet contre le mur. Il se leva de son lit puis referma celui-ci et retourna se glisser au chaud sous la couette. Il éteignit la lumière et se rendormit.
Aux alentours de 04h45, Marvin se réveilla une nouvelle fois.Comme pour les autres jeunes hommes, il tenta d’allumer la lumière mais celle-ci ne s’éclaira pas. Il appuya sur l’interrupteur de la lampe principale, mais là encore, il restait muré dans l’obscurité.
Il entendit un souffle roque derrière lui. Il sentit alors un air glacial sur le cou et un frisson parcourut son échine. Lorsqu’il se retourna, la chose était juste là, devant lui. Il essaya alors la fuite mais le spectre, d’un coup violent de sa main froide, pénétra sa poitrine et empoigna le cœur du jeune homme.
Marvin tenta d’agripper la poignée de sa porte de la main gauche tendit que la main droite tenait le bras du spectre, essayant ainsi de repousser son agresseur.
Mais rien n’y fit. Cette chose habillée de noir et aux yeux rouge sang, était beaucoup trop forte pour lui. Elle regarda Marvin droit dans les yeux et pressa lentement le cœur du jeune homme.
Marvin n’arrivait plus à respirer normalement. Sous l’effet de la pression exercée sur son cœur, l’air lui manquait cruellement, Marvin suffoqua plusieurs fois, essayant de trouver un peu d’air, mais cela ne servit à rien. Le pauvre adolescent s’écroula sur le sol de sa chambre dans un dernier soupir.
Le spectre relâcha alors la pression sur son cœur puis il retira sa main et repartit avec un sourire de satisfaction. Il quitta la pièce aussi discrètement qu’il était venu, laissant le corps sans vie de Marvin juché sur la moquette.
Au matin, le petit frère de Marvin, âgé de 13 ans, entra dans la chambre de son aîné. Voyant son corps inerte sur la moquette, le jeune Kevin se mit à courir en hurlant. Les parents qui furent réveillés en sursaut par le braillement de leurs fils, se levèrent puis ils se dirigèrent vers la chambre de Marvin. Lorsqu’ils y arrivèrent et qu’ils virent cette abominable scène, ils ne purent s’empêcher de hurler à leur tour. Le père s’agenouilla prêt de son fils puis vérifia son pouls. A son grand désespoir, Marvin n’avait plus aucune pulsation et son corps avait déjà commencé à refroidir. Quant à la mère, elle consola Kévin tout en pleurant, anéantie par la découverte du corps de son fils aîné. Un quart d’heure plus tard, les sirènes se firent entendre indiquant que la police arrivait sur le lieu du drame. Naturellement tout le voisinage s’était réveillé et regardait d’un œil inquisiteur à travers les fenêtres.
Au motel
Sam prit d’abord sa douche avant de désinfecter la cicatrice dont les trois fils n’étaient pas encore retirés et mis un pansement afin de la protéger de toute infection. Ensuite il se prépara pour aller chercher le petit déjeuner.
Il prit donc les clés de l’impala et quitta discrètement la chambre. Il roula jusqu’au premier fast-food qu’il trouva où il prit deux cafés et des cookies puis repartit pour le motel.
Dean dormait encore et Sam, comme il le faisait souvent, déposa le café encore fumant sur la petite table de nuit de son aîné.
Il retourna ensuite s’asseoir sur la chaise face à la petite table sur le quel était juché son PC portable allumé, bien sûr, sur une page d’Internet. Il était toujours à la recherche d’indices concernant cette affaire qui, jusqu'à maintenant, n’avait pas donné grand-chose.
Tout en consultant les pages Sam buvait une gorgée de café. Il continua ses investigations jusqu’au moment où il tomba sur l’information d’un autre décès.
Il se dit que le légiste avait raison : il n’y avait rien de naturel dans les deux premiers décès et avec un troisième cela se confirmait.
L’odeur du café fumant remonta jusqu’aux narines de Dean, ce qui le réveilla en douceur. Il se mit sur le bord de son lit, se frotta les yeux puis s’étira longuement en baillant et jeta un œil en direction de son cadet.
Dean voyant Sam encore sur son PC secoua la tête d’un air dépité. Malgré tout, il ne lui dit rien : de toute façon à quoi bon dire quoi que se soit à Sam, il n’en faisait qu’à sa tête ! Juste un « Bonjour Sammy » suffisait, d’ailleurs Sam lui répondit sans décrocher les yeux de son écran par un « Bonjour Dean ». L’aîné attrapa son café, en but une gorgée puis demanda à son cadet s’il avait du nouveau.
« J’espère que d’être resté une partie de la nuit sur ton ordi a porté ses fruits ! Tu as du nouveau ? » Demanda Dean en baillant une nouvelle fois.
« Oui ! Encore un autre jeune décédé cette nuit », fit Sam levant enfin la tête de son ordinateur pour regarder son aîné.
« Déjà trois morts en quelques jours. On est sûr maintenant que ce n’est pas quelque chose de naturel. »
« C’est ce que je me suis dit. »
« Tu n’as rien trouvé d’autre ? »
« Non ! Mais je continue de chercher.»
« Laisse tomber ! On verra ça plus tard ! Range les affaires, je vais prendre ma douche et on décolle pour Fayetteville.»
Sam rangea les affaires dans les sacs puis les déposa dans le coffre de l’impala. Quant à Dean il finit de se préparer et se présenta à l’accueil pour rendre les clés de la chambre. Puis rejoignit Sam qui l’attendait dans la voiture. Dean s’installa derrière le volant puis démarra la Chevrolet et les deux frères partirent pour Fayetteville.
Sur la route de Fayetteville.
La Chevrolet Impala noire roulait sur la route 112 menant à Fayetteville. Dean avait mis un peu de musique pas trop fort.
Sam, quant à lui, s’était affalé sur son siège, épuisé par toutes ses nuits sans sommeil. Il s’était une fois de plus endormi. Son cauchemar refit alors surface.
Par moment, il agitait légèrement la tête. Dean jetait un œil à son cadet à chaque fois qu’il avait un soubresaut, jusqu’au moment où Sam se réveilla en sursaut et en hurlant « Nonnnn !!! » Dean prit la décision de s’arrêter sur le bas-côté de la route.
Sam en profita pour descendre rapidement de la voiture pour prendre l’air. Pour une fois, il admettait que son aîné avait eu une bonne idée, car cela lui avait permis de s’oxygéner afin de reprendre son souffle plus facilement.
De son côté, Dean s’était arrêté pour que son cadet lui dise enfin ce qui l’effrayait à ce point.
« Sammy, ça va ? » Demanda Dean d’un air très inquiet.
« Mieux, je te remercie», dit-il légèrement essouffler.
« Tu peux me dire ce qui t’effraie au point de me hurler dans les oreilles», sollicita Dean, anxieusement.
« Je crois savoir pourquoi je fais ce cauchemar ! Je viens de voir Suzy.»
« Comment ça, Suzy ? »
« J’ai vu Suzy, même si c’était flou, je l’ai reconnue.»
« Tu es sur que c’est elle ?»
« Oh que oui j’en suis sur ! Elle hurlait le prénom de Sarah.»
« Elle va donc encore avoir des ennuis. »
« Certainement ! J’en ai marre ! Déjà plus d’une semaine que je fais ce fichu cauchemar et j’ai toujours pas trouvé ce qu’il pouvait signifier !» Fit Sam énervé en tapant ses deux mains sur le toit de la voiture.
« Ça va aller, Sammy. Tu finiras par trouver ce qu’il veut dire.»
« Je suis fatigué, Dean ! J’en peux plus… J’aimerais pouvoir dormir une nuit sans voir des images aussi cauchemardesques…» Expliqua Sam au bord de la crise de nerfs.
« Ça va aller petit frère. Ca va s’arranger, je te le promets !» Fit Dean en essayant de rassurer son cadet.
« Merci beaucoup Dean, d’essayer de me remonter le moral.»
« De rien petit frère. On peut reprendre la route ? Tu es sûr que ça va ? »
« Oui, oui, Dean. On peut y aller.»
Ils reprirent la route et une heure plus tard les deux frères étaient arrivés à Fayetteville. Ils s’arrêtèrent dans un fast-food pour déjeuner.
Sam put enfin prendre un repas convenable sans avoir mal au ventre. Bien sûr, il avala encore un grand café pour rester éveillé.
Dean n’en fut pas étonné et il ne posa aucune question à son cadet. Il ne pouvait pas comprendre ce que vivait Sam dans ses cauchemars qui devaient être terrifiants, lassants et épuisants pour son frère. Comment pouvait-il l’aider ?
Sam était toujours refermé sur lui-même et pour qu’il décroche un mot sur ce qu’il se passait dans ses cauchemars ce n’était pas gagner d’avance. Mais pour une fois l’aîné était content que Sam ait pu lui évoquer ce qui lui avait fait si peur. Pour toutes ces raisons, Dean décida de le laisser tranquille, sans le bombarder de questions auxquelles il n’avait visiblement pas envie de répondre.
Lorsqu’ils eurent fini, les deux hommes reprirent la route puis cherchèrent un motel.
Finalement, ils se garèrent sur le parking du motel qu’ils avaient déjà fréquenté lorsqu’ils étaient venus la première fois.
Dean descendit de la voiture et partit louer une chambre à la réception pendant que Sam prenait les sacs dans le coffre de l’impala.
Lorsque le gérant de motel reconnut Dean, il fut retissant à lui louer la chambre de peur qu’il abîme celle-ci comme la première fois où ils étaient venus.
Dean se justifia en lui expliquant qu’il n’était pas responsable et que ce n’était pas lui qui avait défoncé la porte, mais ce grand bonhomme habillé de noir.
Toujours méfiant, le gérant lui accorda le bénéfice du doute, finit par céder et lui loua la chambre numéro 7.
Sam déposa les sacs sur chacun des lits.
Puis il s’installa à la table devant la fenêtre avec son PC et commença ses recherches. Quant à Dean, il mit son costume et sa cravate puis repartit voir la famille Mc Kagan.
Il gara la voiture le long du trottoir et prit sa fausse carte de F.B.I dans la boîte à gants. Il descendit de la voiture pour se diriger vers la demeure de Zoé.
Il frappa à la porte.
« Bonjour », fit Dean avec le sourire.
« Bonjour agent Murdock, puis-je vous aider ? » Demanda la mère de Zoé.
« Oui, j’aimerais interroger votre fille. Est-elle ici ? »
« Oui, mais que lui voulez-vous ?» Demanda-t-elle, étonnée.
« Juste lui poser quelques questions. C’est pour le complément d’enquête.»
« Vous pouvez entrer, je vais l’appeler. Elle est dans sa chambre. »
La mère de Zoé avança dans le salon, suivie par Dean. Elle lui proposa de s’asseoir sur le canapé.
« Zoé, tu peux descendre, s’il te plait ?! Il y a quelqu’un qui voudrait te voir ! » Hurla-t-elle du bas des escaliers.
Zoé ouvrit la porte de sa chambre précipitamment et demanda tout aussi fort :
« Qui est-ce ? »
« L’agent du F.B.I. Il voudrait te poser quelques questions. Allez, dépêche-toi de descendre », fit la mère de Zoé.
« Oui maman, je descends. »
Zoé descendit lentement les marches de l’escalier, puis se dirigea dans le salon et serra la main de Dean avant de s’installer dans le fauteuil juste en face de lui.
« Bonjour Melle Mc Kagan. Connaissiez-vous les trois jeunes hommes décédés ? »
« Oui. On fréquentait le même lycée », répondit calmement Zoé.
« Vous n’auriez pas vu un changement de comportement chez eux ? »
« Non, je n’ai rien remarqué de spécial.»
« Vous vous entendiez bien avec eux ? »
« Pas vraiment : ils étaient toujours en train de se moquer de moi.»
« Ils se moquaient de vous souvent ? »
« Oui, tous les jours. Mais au bout d‘un moment ? On s’y habitue.»
« Avez-vous des activés extrascolaires ? »
« Oui, parfois, je fais du baby-sitting pour Melle Willard. Je garde sa petite fille.»
« Et cela se passe bien avec elle ? »
« Oui. Elle est adorable, très facile à garder. Un vrai petit ange.»
« Il y a combien de temps que vous gardez Sarah ? »
« Deux ans. »
« Bon, ben je pense que j’ai fini avec mes questions. Je vous remercie pour votre aide Melle Mc Kagan », fit Dean en se levant du canapé.
« Dîtes agent Murdock, je peux vous poser une question ? » Demanda Zoé.
« Oui bien sûr, Mademoiselle», répondit Dean.
« Je peux savoir quel rapport il y a avec les trois lycéens qui sont décédés et le fait que je garde Sarah. Parce que là, je ne comprends pas vraiment le but de votre visite ! Vous voulez quoi en fait ? Savoir si c’est moi qui est responsable de leur mort parce qu’ils se moquaient de moi ?!» Fit Zoé d’un seul trait et sur un ton très agressif.
Dean se sentait pris au piège. Il ne sut pas quoi répondre sur le moment. La mère de Zoé intervint. Elle demanda à sa fille de se contenir et lui rappela qu’elle ne devait en aucun cas manquer de respect à l’agent Murdock.
« Êtes-vous la responsable, Melle Mc kagan ? » Demanda-t-il soudainement tout en scrutant l’adolescente.
« Non !» Mentit-elle en déglutinant.
« Bien, alors je vais vous laisser. Au revoir, mesdames.»
« Au revoir, agent Murdock », fit la mère de Zoé en refermant la porte derrière lui.
Dean quitta la demeure de Zoé, l’air perplexe. La façon dont cette jeune fille lui avait parlé l’avait étonné. Son comportement avait changé d’un seul coup. Elle était passée d’une gentille fille à la douce voix à une salle gamine mal élevée qui s’adressait à lui sur un ton agressif, en à peine quelques secondes.
Il trouva ce comportement assez étrange de la part d’une jeune fille dont la mère avait dit qu’elle était une personne discrète. Il monta dans l’impala, démarra celle-ci et roula jusqu’au motel rejoindre Sam.
L’aîné espérait que son cadet avait enfin trouvé quelque chose d’intéressant.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Au motel (Fayetteville.)
Dean arriva au motel où son cadet avait enfin trouvé quelque chose d’intéressant sur leur affaire.
Lorsque l’aîné entra dans la chambre, Sam se leva de sa chaise et se précipita vers son frère pour lui dire ce qu’il avait trouvé.
« Faut que je te parle », dirent les deux frères Winchester en même temps.
« Qui commence alors ? » Demanda le plus jeune.
« Toi d’abord ! Je pense que cela est plus important », fit Dean à son cadet.
« J’ai trouvé quelque chose de très intéressant sur internet », fit Sam en se rasseyant sur le canapé devant son PC.
« Vas-y, je t’écoute. »
Sam parcourut son écran d’ordinateur et commença à lire :
« Alors d’après l’article que j’ai trouvé, il s’agirait de l’esprit d’un démon nommé XEZABETH.
Son esprit a été emprisonné dans son propre livre intitulé « Journal d’un Démon » par une sorcière qui a trouvé le moyen de le garder enfermé par un système de portes. Il y en a sept au total.
Il restera emprisonné tant que la personne qui possède ce livre ne commence à inscrire le nom et prénom de quelqu’un, car si c’est le cas cela le réveillera. Une fois réveillé, il tue d’abord sa première victime d’un arrêt du cœur, ce qui lui ouvre la première porte. Ensuite son esprit vient te hanter pendant la nuit et t’oblige à continuer d’écrire sur ce livre. Chaque fois que cet esprit tue un jeune homme, ça lui ouvre une porte. Lorsqu’il aura tué les sept jeunes, il pourra sortir du livre. Et pour pouvoir rester dans notre monde humain, il devra tuer une fillette. A partir de ce moment-là, il sera totalement libre de se promener comme bon lui semble et recommencé à tuer aussi souvent qu’il le souhaite.»
« Tu penses que la fillette, c’est Sarah ?»
« Ouais, c’est peut-être même pour cela que je suis arrivé à voir Suzy dans ma prémonition. La fillette ne viendra pas toute seule, il faut qu’elle soit accompagnée d’un adulte. Sinon il ne pourra pas l’atteindre.»
« Une idée sur la personne qui serait en possession de ce livre ? »
« Non ça peut-être n’importe qui.»
« J’ai peut-être une idée. »
« Tu penses à quelqu’un ? »
« Ouep ! »
« Ah oui ? A qui ? »
« Zoé ! »
« Attends cette jeune fille est infirme ?»
« Et alors ?! Attends que je te raconte mon interview avec cette jeune fille infirme comme tu dis. »
« Que s’est il passé ? » Interrogea Sam en fixant son aîné.
« Je lui ai posé les questions habituelles auxquelles elle a bien voulu répondre gentiment et lorsque j’étais sur le point de repartir, elle m’a posé une question sur un ton très agressif. Elle est passée d’une gentille fille à une sale gamine mal élevée et ça, en à peine quelques secondes. J’ai trouvé son comportement plus qu’étrange.»
« Et alors ? Ce n’est pas parce qu’elle s’est énervé contre toi que c’est forcément elle. »
« Sa mère m’a dit que sa fille était une personne discrète et un peu renfermée sur elle-même. Ce que j’ai vu tout à l’heure, c’était tout à fait le contraire !»
« De toute façon, on a aucune preuve que ce soit Zoé. »
« Peut-être ! Mais c’est la seule qui peut approcher Suzy et Sarah. Toi-même, tu dis avoir vu Suzy dans ton cauchemar !»
«Oui, mais je n’ai pas vu Zoé dans mon cauchemar ! Alors comment savoir si c’est vraiment elle ! Et surtout comment le prouver ? »
« On peut très bien aller faire un tour chez elle dans sa chambre.»
« Oui pourquoi pas ! Mais comment on s’y prend ? »
« On peut grimper le long du mur puis s’introduire discrètement dans sa chambre et voir si le livre n’est pas là ! »
« Non mais ça va pas ! Tu ne vas quand même pas aller fouiller sa chambre ! »
« Ben pourquoi pas ? Après tout, on n’y va pas pour lui piquer une p’tite culotte ! » Expliqua Dean sur le ton de la plaisanterie.
« Dean ! Tu ne peux pas être sérieux cinq minutes ! » Fit Sam en jetant un mauvais regard à son aîné.
« Ce que tu peux être rabat-joie ! Tu n’es vraiment pas drôle ! »
« Bon ! On peut revenir à notre affaire ? »
« On en discute déjà ! »
« Sérieusement Dean ! Il faut trouver rapidement qui possède ce livre avant qu’il y ait d’autres morts. » Dit Sam agacé devant le comportement de son aîné.
Les deux frères continuaient leur discussion lorsque soudain Dean jeta un œil sur sa montre et s’aperçut qu’il était déjà plus de 18h30. Étant invités chez Suzy pour dîner, il était temps qu’ils se préparent.
«Dis Sam ? »
« Oui ?»
« Je ne voudrais pas t’affoler mais il est déjà 18H35 et on doit être chez Suzy pour 19H30.»
« Oui, tu as raison Dean », fit Sam en regardant sa montre.
« Je vais prendre ma douche.»
« Et dépêche-toi !»
Une demi-heure plus tard, les deux frères étaient prêts à se rendre chez Suzy. Ils allaient faire la connaissance de David, son futur mari. Celui-ci n’était pas là pour longtemps car il était virologue pour un cabinet d'expertise médical gouvernemental. Suzy avait profité qu’il soit de retour à la maison pour lui présenter ses deux sauveurs.
Elle avait tout organisé : l’apéritif, le repas et bien sûr la décoration de la table.
Les deux Winchester arrivèrent devant la maison de Suzy et Dean se gara le long du trottoir.
Avant de sortir Sam prit sur la banquette arrière un bouquet de fleurs pour Suzy et un petit ours en peluche pour la petite Sarah.
Quant à Dean il apporta une bouteille de vin pour le repas.
Ils arrivèrent devant la porte et Sam frappa. Quelques secondes après, Suzy ouvrit la porte.
« Bonsoir les garçons ! » Les accueillit-elle, enjouée.
« Bonsoir Suzy », firent les deux frères en déposant chacun une bise sur la joue de Suzy.
Les deux hommes entrèrent et Suzy leurs proposa de s’asseoir sur le canapé en cuir devant lequel trônaient sur une petite table basse des plateaux de toasts.
Les deux frères s’installèrent puis Suzy les présentèrent à David, ainsi qu’à la petite Sarah qui avait bien grandit.
Une fois qu’ils eurent fait connaissance, ils prirent l’apéritif ensemble. Une heure plus tard, ils passèrent tous à table. Suzy installa Sarah dans son siège et tout le monde se mit à table.
Le dîner se passa dans une excellente ambiance.
Les deux frères partirent aux environs de trois heures du matin. Ils rentrent au motel très fatigués. Bien sûr, pour Sam, dormir n’était pas vraiment idéal mais là il n’en pouvait plus. Il fit donc la même chose que son frère et se glissa sous la couverture. Il ne mit pas longtemps à sombrer dans le sommeil.
Et une nouvelle fois, son cauchemar revint le hanter.
Au motel
Aux environs de six heures du matin, Sam se réveilla une nouvelle fois en sursaut, baigné de sueur et encore avec un affreux mal de tête. Il s’étira longuement en baillant pour se détendre puis se leva de son lit pour se diriger dans la salle de bain. Il avala deux comprimés de paracétamol et profita d’être dans la petite pièce d’eau pour prendre une douche. Puis il s’habilla et alla s’asseoir sur le canapé avant d’allumer son PC. Il commença à étudier les dernières nouvelles. Un quart d’heure après avoir ouvert la page, il dénicha un article sur la mort de deux nouveaux jeunes. Il le parcourut tout en y réfléchissant :
Il était quatre heures du matin lorsque les jumeaux John et Jerry Waldeck ont été découverts étendus sur le sol de leur chambre. D’après les premiers éléments, les deux jeunes hommes seraient décédés aux alentours de trois heures du matin. Cela fait déjà cinq adolescents qui meurent d’une crise cardiaque foudroyante depuis la semaine dernière.
D’après la police les cinq jeunes hommes fréquentaient le même lycée et auraient peut-être rencontré quelqu’un de malveillant qui leurs aurait vendu une substance illicite. Pour l’instant, c’est la seule piste que la police ait trouvée et retenue.
Sam n’en revenait pas : deux adolescents d’un coup. Xezabeth avait déjà ouvert cinq portes sur sept. Il était temps pour les deux frères de remédier à ça, sinon le démon arriverait à sortir de son journal et s’en prendrait à Suzy et à la petite Sarah. Ils devaient impérativement trouver qui pouvait avoir ce fichu manuscrit.
Mais comment découvrir cette personne lorsque l’on n’a aucun indice.
Pour l’instant, le seul soupçon qu’ils avaient se portait sur cette jeune fille, Zoé. Mais même si elle avait eu un comportement désagréable vis-à-vis des questions de Dean, elle n’était pas coupable pour autant. Peut-être avait-elle été nerveuse devant un agent du FBI. Dean avait toujours une manière bien particulière de questionner les gens et parfois le ton qu’il employait mettait les gens mal à l’aise dès le départ. C’était peut-être tout simplement une réaction d’angoisse face aux questions de son cher frère. D’un autre côté, Dean n’avait pas forcément tord car cette adolescente était la seule personne qui pouvait approcher Suzy et sa fille.
Dean se réveilla aux environs de sept heures et quart. Il vit Sam sur son ordi portable comme à chaque fois qu’il se réveillait. C’était toujours là qu’il retrouvait son cadet, penché sur son PC portable, à pianoter sur le clavier, à croire qu’il était marié avec. Mais pour une fois Dean s’abstint de lui faire une réflexion.
« Salut p’tit frère », fit-il en baillant et en s’étirant.
« Salut, Dean. Bien dormi ? »
« Oui et toi tu as trouvé une info intéressante ? » Lui demanda Dean en se frottant les yeux.
« Il y a encore deux ados qui ont péri cette nuit », l'informa Sam, désœuvré.
« Deux ? Rien que ça ! » S’étonna l’aîné.
« Ouep ! Cette fois-ci c’était des jumeaux.»
« Ce démon est vraiment pressé de sortir.»
« Ouais ! Comme tu dis.»
« Je vais prendre une douche et on va manger, j’ai un petit creux.»
«OK, je t’attends. »
Dean prit une douche rapide puis rejoignit son cadet devant la porte. Il empoigna les clés de l’impala puis les deux frères partirent prendre leurs petits déjeuners dans le fast-food « The lunch » L’endroit était toujours aussi sympathique et les serveuses toujours aussi mignonnes. Les deux frères firent leurs commandes et s’installèrent à une table. Sam sortit son PC de sa sacoche et alluma celui-ci. Il se connecta au net pour finir ses recherches afin de voir s’il ne dénicherait pas un indice sur la personne qui pouvait posséder ce livre.
Il trouva un article sur le vide grenier de la semaine précédente. Il regarda attentivement la photo qui avait été publiée et se rendit compte que ce vide grenier avait eu lieu dans la rue où habitaient Suzy et Zoé. Un paragraphe disait que malgré le froid et la neige il y avait eu beaucoup de monde.
En lisant cet article Sam pensa que c’était peut-être de là, que le livre venait. Il aurait éventuellement été acheté durant cette brocante de quartier. Mais dans ce cas, ça pouvait être vraiment n’importe qui.
Comment savoir qui le possédait ? De quelle manière pouvait-il s’en assurer ? Le temps pressait. Xezabeth n’était pas loin de trouver la sortie et il fallait faire vite.
Leurs commandes leur furent servies. Sam fit part de ce qu’il avait découvert à son aîné.
« J’ai trouvé un article sur un vide grenier qui a eu lieu le week-end dernier. »
« Un vide grenier ? Quel rapport avec notre affaire ? »
« Cette brocante a eu lieu dans la rue où habitent Suzy et Zoé. J’ai pensé que c’était peut-être là que le livre avait été acheté ? »
« Ce n’est pas idiot mon petit Sammy ! C’est peut-être même là-bas que Zoé se l’est procuré !»
« Tu restes toujours persuader que c’est elle ! »
« Pas toi, Sammy ? Cela ne te parait pas évident ! »
« Mais on n’a aucune preuve que ce soit elle ! »
« Pardon ?! Pas de preuve ! Je vais t’en donner des preuves moi ! 1 : Son comportement a été des plus étonnants après mon interrogatoire ! 2 : C’est la seule à pouvoir approcher Sarah et de 3, la brocante a eu lieu dans le quartier de Suzy ; alors oui je reste persuadé que c’est elle ! Et oui on devrait aller faire un tour dans sa chambre pour trouver ce maudit journal, au moins on serait fixés !» Expliqua Dean d’un ton sec.
« Et si elle a planqué le journal ailleurs que dans sa chambre ?»
« Je peux toujours retourner chez elle pour lui parler et pendant ce temps-là, tu cherches le bouquin !»
« Tu veux que j’accède à sa chambre en plein jour ?»
« Pourquoi pas ?»
« Je vais me faire repéré et après on risque d’avoir la police aux fesses ! »
« Tu as une autre solution ? »
« Peut-être attendre lorsqu’il fera nuit. Ce sera plus prudent.»
« Bon ok, on y va ce soir, mais pas trop tard.»
Les deux Winchester payèrent leurs repas puis quittèrent le fast-food.
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Chez les Mc Kagan.
Cela faisait plusieurs jours que Zoé était enfermée dans sa chambre. Les seuls moments où elle sortait se résumaient aux trois repas de la journée. Elle n’était pas sortie dehors depuis près d’une semaine. Elle n’en avait vraiment pas envie. Elle s’était posée sur sa chaise devant son bureau et avait allumé son ordinateur. N’ayant pas trouvé les informations dont elle avait besoin sur Internet, elle se connecta à MSN et demanda quelques conseils à une amie qui était du genre gotique. Elle espérait qu’elle pourrait certainement lui fournir les données dont elle avait besoin.
ZOE : « Coucou Cindy.»
CINDY : « Salut Zoé, comment vas-tu ? »
ZOE : « Bien et toi ? »
CINDY : « Ca va ! Que fais-tu de beau ?»
ZOE : « Je surfe sur le net pour avoir des infos sur les démons »
CINDY : « Sur les démons ? Tu t’intéresses à ces trucs, toi, maintenant ?»
ZOE : « Ben oui, j’essayes de m’y intéresser, mais je trouve ça flippant. Je ne sais pas comment tu fais pour aimer ce genre de choses.»
CINDY : « Ce n’est pas flippant, c’est une autre culture, on aime ou on n’aime pas. En ce qui me concerne je trouve cela plutôt captivant. »
ZOE : « Toi qui t’y connais en démons et autres créatures de la nuit, tu ne saurais pas s’il existe un démon qui tue ses victimes par le biais de l’écriture sur un manuscrit ? »
CINDY : « C’est quoi cette question ? »
ZOE : « Je me demandais juste si cette catégorie de démon existait c’est tout ! J’ai vu tout un tas d’articles sur les démons mais aucun sur ce genre-là !»
CINDY : « Si tu n’as pas trouvé sur Internet, c’est que cela n’existe pas ou que c’est peut-être autre chose ? »
ZOE : « Ah oui ? Comme quoi ? »
CINDY : « J’en sais rien un esprit ou un fantôme ! Vas savoir ! Il y a tellement de choses qu’on ignore sur cette planète, que tout est possible.»
ZOE : « Tu as certainement raison, ça ne doit pas exister.»
CINDY : « Je dois te laisser, j’ai mes parents qui m'appellent. A plus.»
ZOE : «Ok bye.»
Zoé coupa la conversation, déçue de ne pas avoir d’autres informations sur ces horribles créatures malfaisantes de la nuit.
De l’autre côté de l’écran, Cindy se demandait bien pourquoi Zoé voulait subitement savoir des choses sur les démons.
Elle trouva étrange qu’elle lui pose de telles questions, elle qui n’était passionnée que par ses créations graphiques.
En réfléchissant bien Cindy se dit que Zoé voulait certainement lui faire plaisir en montrant qu’elle s’intéressait à ce qu’elle aimait.
Quant à Zoé, elle avait continué ses recherches. Au bout d’une heure, elle n’avait toujours rien trouvé et elle finit par s’endormir, la tête sur son bureau.
Elle fut réveillée en sursaut par Xezabeth pour qu’elle n’oublie pas d’écrire les deux nouveaux prénoms. Cette fois-ci, c’était deux frères qui dormaient dans la même chambre.
Ne pouvant pas les séparer, Xezabeth était obligé de les tuer tous les deux afin qu’aucun des deux frères ne prévienne les parents.
Zoé s’exécuta sans broncher, toujours aussi terrifiée par ce monstre de la nuit aux yeux rouges.
Aux alentours de dix-huit heures trente, Dean se présenta de nouveau au domicile des Mc Kagan pour pouvoir rediscuter avec Zoé, prétextant un complément d’enquête.
Pendant ce temps, Sam grimpa à la gouttière et s’introduisit sans faire trop de bruit dans la chambre de la jeune fille. Il commença à fouiller un peu partout. Quelques minutes plus tard le jeune Winchester entendit du bruit dans le couloir. Il fit vite demi-tour et repartit par la gouttière dont une attache céda, Sam tomba lourdement sur les fesses.
Malgré la douleur, il se retint de crier pour ne pas se faire repérer puis il se releva rapidement en boitant légèrement avant de rejoindre son frère dans l’impala.
Lorsque Dean le vit en se tenant la jambe, il ne put s’empêcher de sourire.
« Et ça te fait rire ! » Lança Sam foudroyant son aîné du regard.
« Que s’est-il passé ? » Demanda Dean en pouffant de rire.
« Une attache de la gouttière a lâché et je suis tombé, ça te va comme explication ?! » Répondit Sam, énervé.
« Ah ! Ah ! Ah ! J’imagine le tableau», s’esclaffa Dean.
« Arrête de te marrer comme une baleine ! Je ne trouve pas ça drôle, ça fait mal.» Rétorqua Sam mécontent.
« Ben t’as pas vu la dégaine que tu avais en marchant. »
« Ça y est c’est bon t’as fini de te foutre de moi ?! On peut revenir aux choses sérieuses ! » Fit Sam d’un ton sec.
«Oh, excuse-moi Sammy mais c’était trop drôle pour ne pas rigoler ! Bon ok ! Tu as trouvé le livre ? »
« Non rien ! Tu ne m’as pas laissé assez de temps pour chercher !»
« Ce qui veut dire qu’il va encore tuer cette nuit. »
« Ouep ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« Je propose qu’on aille manger … »
«Un gosse va mourir cette nuit et toi tu ne penses qu’à aller dîner ! Tu as vraiment un gouffre à la place de ton estomac ! » Reprocha le plus jeune, dépité.
« Laisse-moi finir ! Je propose qu’on aille manger et qu’on revienne en planque ici pour la nuit. »
«Oui pourquoi pas.»
« De toute façon on ne peut rien faire d’autre ? On ne sait pas quel adolescent va mourir, ni à quelle heure cela se passera», expliqua Dean.
« Tout ce que j’espère c’est qu’on réussira à sauver ce gamin, cette nuit ! »
« Tu le sais bien, Sammy, on ne peut pas sauver tout le monde ! Mais au moins, on aura essayé. »
Dean démarra la voiture puis les deux frères partirent dîner au " The Lunch" avant de retourner se stationner à proximité de la maison de Zoé.
Domicile des Willem.
Benjamin était âgé de 14 ans et Zachary âgé de 17 ans. Les deux jeunes frères étaient issus d’une famille modeste. Ils habitaient donc une petite maison avec seulement deux chambres. Une pour eux deux et l’autre pour leurs parents. Ce qui n’empêchait pas ces deux adolescents d’être heureux. L’aîné traînait souvent avec Jason, même si ses parents n’aimaient pas trop qu’il le fréquente. Zachary, lui, aimait beaucoup être avec Jason et était prêt à faire les quatre cent coups avec lui.
Quant au petit frère, Benjamin, c’était tout le contraire. Il était gentil, serviable avec les autres et travaillait bien à l’école, rien à voir avec son aîné.
Il était près de vingt trois heures quarante cinq lorsque Zachary stoppa sa conversation sur MSN avec un de ses amis. Il arrêta son ordinateur puis alla prendre une douche et ensuite se coucha. Son cadet était déjà au lit entrain de dormir paisiblement depuis environ une heure. Le jeune homme éteignit la petite lampe de chevet qui était placée sur le côté de son bureau, puis il se glissa sous la couette.
Vers une heure trente du matin, Zachary fut réveillé en sursaut par quelque chose de légèrement froid et humide venant du dessous de sa couette. Par réflexe de peur il poussa un petit cri puis alluma rapidement sa lampe de chevet. Il souleva précautionneusement la couette afin de voir ce qui l’avait réveillé. Il vit deux petits yeux rouges qui avançaient vers lui. Malgré l’angoisse qu’il ressentait il dut attendre que la créature arrive à sa hauteur pour constater, rassuré, que c’était son rat albinos qui s’était sauvé de sa cage.
« Titus, mais qu’est-ce que tu fais en dehors de ta cage ? »
Le jeune homme prit le rat dans ses mains puis le redéposa dans sa cage et referma celle-ci. Il retourna ensuite se coucher. Mais au moment où il voulut éteindre la lumière, son petit frère se réveilla et lui demanda, les yeux embué de sommeil :
« Que ce passe-t-il ? »
« Rien Ben, j’ai remis Titus dans sa cage, c’est tout ! Rendors-toi maintenant. »
« Comment il est sorti de sa cage ? »
« Je ne sais pas. C’est encore toi qui a dû oublier de le remettre dedans quand tu l’as libéré ce matin !» Fit l’aîné d’un ton sec.
« Non, ce n’est pas moi qui l’ai sorti ! Je lui ai juste donné à manger », rétorqua son cadet.
« Tu as peut-être mal refermé sa cage ? »
« Non, j’ai vérifié et elle était bien fermée. »
« Ce n’est pas grave Ben, il est dans sa cage maintenant. Rendors-toi ! Bonne nuit, Ben. »
« Pourtant, je suis sûr de l’avoir ... »
« Ben ! Il est trop tard pour en discuter ! On en reparlera demain si tu veux ! Mais s’il te plait rendors-toi !» Fit son aîné sur un ton autoritaire.
« Ok ! Bonne nuit, Zac.»
Le jeune Benjamin se recoucha en se demandant comment le rat était sorti de sa cage. Il trouva ça bizarre, lui qui était persuadé d’avoir bien fermé la porte de sa cage.
Zachary éteignit la lumière puis se remit sous sa couette et s’endormit.
Aux alentours de cinq heures et quart cinq du matin, les deux jeunes frères se réveillèrent en même temps par un bruit de sifflement strident.
Le premier réflexe que Zachary eut, fut d’appuyer sur le bouton de sa petite lampe, mais comme pour les autres jeunes hommes avant lui, aucune lumière ne vint éclairer la pièce. Le plus jeune commençait à avoir peur et l’aîné s’était levé de son lit pour allumer la lampe principale. Mais toujours aucune luminosité dans la chambre ! La peur panique s’empara des deux frères et le plus jeune voulut quitter la chambre, mais lorsqu’il agrippa la poignée de la porte pour l’ouvrir, celle-ci resta bloquée. L’aîné tenta de rassurer son petit frère en le prenant dans ses bras. Ensuite Zachary entreprit à son tour d’ouvrir la porte de leur chambre, mais il avait beau actionner la poignée dans tous les sens et tirer sur celle-ci, elle refusait de s’ouvrir.
Les deux jeunes frères sentirent alors un souffle glacial sur leurs cous et lorsqu’ils se retournèrent, ils tombèrent nez à nez avec cette créature aux yeux rouges. Hurler était la seule chose qu’ils voulaient faire mais aucun son ne sortait de leurs bouches. Cette monstrueuse chose qui était devant eux les regarda un petit moment puis comme pour les cinq autres jeunes hommes qu’il avait tués avant eux, l’esprit habillé de sa cape noir pénétra violemment ses mains froides dans la poitrine de chacun des deux frères, puis attrapa leurs cœurs en même temps et les serra fortement.
Les yeux de Ben et de Zac s’écarquillèrent et devinrent d’un blanc opaque puis sous le manque d’air ils étouffèrent. Leurs membres se contractèrent et se raidirent puis ils succombèrent lentement aux blessures intérieures que leur avait infligées cette créature malfaisante. Les deux jeunes adolescents tombèrent sur le sol de leur chambre, les yeux grands ouverts d’effroi.
L’esprit de Xezabeth repartit d’un air assouvi. Désormais, il était libre ! Il ne lui suffisait plus qu’à réintégrer son corps qui était resté prisonnier de son journal. Il quitta la chambre des deux adolescents hâtivement pour se diriger vers la demeure de Zoé.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Dans la voiture à proximité de chez Zoé.
Il était deux heures et demie du matin et Sam avait du mal à garder les yeux ouverts. Dean et lui avaient convenu de se relayer pour surveiller la maison de Zoé. Mais son aîné avait prit le premier quart et pendant ce temps, lui, n’avait pas réussi à trouver le sommeil. Il n’arrivait pas à se mettre dans l’idée qu’ils ne pouvaient pas sauver tout le monde. Pour Sam, il y avait peut-être une chance d’y parvenir et il voulait à tout prix essayer de faire de son mieux pour sauver ce jeune homme. C’est pour cette raison que lorsque Dean avait fini par s’endormir, il avait ouvert son PC sur ses genoux et avait éparpillé plusieurs bouquins un peu partout autour de lui, là où il avait trouvé de la place. Il espérait trouver qui possédait le livre afin de pouvoir sauver le jeune homme qui devait périr cette nuit. Malheureusement, au fil de ses recherches le sommeil se fit de plus en plus pesant. A l’extérieur de la voiture tout était relativement calme et il n’avait pas dormi depuis si longtemps ! Il résista tant bien que mal mais la fatigue harassante eut raison de lui. Sans s’en apercevoir, il sombra dans le sommeil.
Et évidemment, son cauchemar revint à la charge. Toutefois, cette fois-ci, il fut légèrement différent, bien que toujours aussi horrible. La pièce était obstinément sombre et la même table blanche usée restait figée en son milieu. Le gémissement d’enfant n’avait pas changé non plus.
Sam avançait prudemment. Il se retrouva encore dans cette fameuse pièce où le toit était vitré. Il fit lentement un tour sur lui-même puis il s’arrêta au moment où il reconnut Suzy et Sarah qui étaient attachées chacune à une table.
Le démon était penché au-dessus de la petite Sarah, un poignard à la main. D’un geste violent, il poignarda la petite fille.
Un hurlement puissant survint aux oreilles de Dean qui sursauta malgré le fait qu’il était réveillé. Il quitta donc des yeux la demeure de Zoé où décidément rien ne se passait. Du moins c’est ce qu’il croyait car au moment où il se préoccupa de l’état de santé de son petit frère, Xezabeth en profita pour entrer dans la chambre de Zoé.
Dean ne réalisa pas ce qu’il se passait derrière lui. Il était trop préoccupé par son cadet qui était extrêmement agité dans son le sommeil. Il transpirait et n’arrêtait pas de hurler « Non ! Non ! Nonnn ! »
Très inquiet, Dean le secoua pour le réveiller mais ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes que Sam finit par ouvrir de grands yeux affolés. Son réveil en sursaut le fit se redresser d’un bon sur son siège et il manqua de peu de s’assommer contre l’habitacle de la voiture. Il était visiblement effrayé par les images que son subconscient venait de lui dévoiler. Par réflexe, il attrapa le bras de son aîné et lui déballa d’une traite ce qu’il venait de vivre dans son cauchemar.
« Dean ! J’ai vu Xeza...beth... tu...er Sa...rah ! » Bafouilla-t-il rapidement, sans reprendre son souffle.
« Hein ? Quoi ? Calme-toi, Sammy ! Je ne comprends pas ce que tu me dis !» Tenta Dean pour le calmer.
« Je te dis...que... j’ai vu le démon tu...er Sar...ah !» Marmonna Sam, essoufflé.
« OK, je vois ! Ça va aller ! Tu es sûr que c’était Sarah ? »
« Je te dis que je vu Xezabeth poignarder Sarah ! Il y avait du sang partout ! Et Suzy hurlait à pleins poumons ! Et je ne pouvais même pas leur venir en aide ! C’était atroce Dean ! » Lança Sam en essayant de reprendre son souffle.
« Sammy tu as vu où ça se passait ? » Demanda Dean.
« Non ! Tout est embrouillé dans ma tête !» répondit Sam en se maintenant la tête.
« Ça va aller Sammy. Ce n’est pas grave. Essaie de te calmer et ça va te revenir. Tu finiras bien par trouver une indication qui nous aidera », expliqua l’aîné, se voulant rassurant.
« Non ! Ca ne va pas aller mieux, Dean ! Je suis fatigué de tous ces cauchemars ! J’en peux plus, j’en peux vraiment plus, Dean ! Alors non, ça ne va pas s’arranger ! » Fit Sam au bord des larmes.
Dean attrapa une bouteille d’eau sur la banquette arrière et la tendit à son frère.
« Tiens ! »
« Merci Dean.»
« De rien Sammy, ça va aller maintenant.»
« J’espère Dean parce que là je sature.»
L’aîné l’observa un instant avant de reprendre la parole.
« Moi ce qui m’inquiète Sammy : c’est le fait que tu aies déjà vu deux fois Suzy dans ton cauchemar. Ca ne veut dire qu’une seule chose : c’est que dans peu de temps Xezabeth va sortir de son journal.»
«Ce qui veut dire aussi qu’il aura réussi à tuer deux autres adolescents !» Fit Sam l'air dépité.
« Et qu’on n’aura pas réussi à stopper cette ordure ! »
« A quoi ça sert de faire ses prémonitions depuis plus d’une semaine, si je ne peux pas sauver les gens ! » Lança Sam à la fois énervé et désespéré.
« Sammy ! Arrête, tu veux ?! Tes prémonitions ont déjà sauvé de nombreuses personnes et ce plusieurs fois ! Alors arrête de culpabiliser pour ceux que tu n’as pas pu sauver ! Ce n’était pas ta faute !»
« Oui... Oui, je sais que je ne peux pas sauver tout le monde, tu me l’as déjà dis ! » Dit-il désarmé.
« Alors, arrête de te morfondre ! Fin de la discussion ! Indiqua Dean d’un ton autoritaire. On devrait rentrer se reposer un peu. Le jour va bientôt se lever et il ne s’est toujours rien passé. On ne verra rien de plus, c’est sûr. » Expliqua-t-il en mettant le contact.
« C’est ça tu as raison, vas te coucher. En ce qui me concerne j’ai besoin d’aller faire un tour.»
« Tu vas sortir à cette heure-ci ? » S’inquiéta Dean.
« Je vais juste marcher un peu pour m’aérer, c’est tout, Dean ! »
« Fais comme tu veux. Après tout, tu es assez grand pour te débrouiller tout seul. »
Arrivés au motel, Dean regagna leur chambre. Il jeta un dernier coup d’œil à son frère qui marchait sur le trottoir en direction de la ville avant d’aller se reposer un peu.
Sam s’arrêta dans un bar. Il s’installa au bout du comptoir et commanda une bière.
Le barman la lui apporta quelques minutes plus tard. Il resta ainsi un moment jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que le jour était sur le point de faire son apparition. Il prit la décision d’aller chercher le petit déjeuner. Il chercha donc un fast-food ouvert où il commanda deux petits déjeuners à emporter, puis il repartit en direction du motel.
Il pénétra dans la chambre où Dean dormait encore puis il déposa les sacs sur la table.
Il s’assit devant la petite table, alluma son Pc et rouvrit les quelques bouquins qu’il avait récupérés dans l’Impala. De nouveau, il chercha des infos sur Xezabeth.
Il passa une majeure partie de la journée à chercher des éléments qui auraient pu les aider.
Il finit par trouver que Célestiana était une sorcière réputée. Elle avait inventé plusieurs formules dont celle qu’elle avait employée pour enfermer le démon dans son journal. Elle l’avait ainsi empêché de faire le mal autour de lui et elle avait caché l’ouvrage chez un homme dont elle seule connaissait l’existence.
Célestiana étant décédée depuis près de quinze ans, Sam n’était pas en mesure de retrouver l’homme en question.
Déçu, il referma son PC et tous les bouquins qu’il avait étalés un peu partout.
Il était déjà plus de dix-neuf heures lorsque Dean proposa d’aller manger.
Sam accepta et les deux frères partirent dans un resto.
Chez Zoé, au moment où Dean s’occupait de son cadet.
Célestiana était une sorcière de renommée. Elle avait inventé une méthode qui consistait à jeter un sort sur le journal de Xezabeth. Elle avait tout simplement dessiné des barreaux à l’encre noire sur sept pages de ce journal, tout en lisant une formule de sa composition. C’est ainsi que le démon avait été emprisonné.
Xezabeth se souvenait encore de Célestiana, la sorcière. Cette horrible et repoussante femme avait trouvé le moyen de le contenir dans cette toute petite prison de papier, enfermé à jamais dans son journal.
Mais à présent, c’était son jour de gloire. Il allait enfin redevenir un démon. Déjà plus de quarante ans qu’il attendait de pouvoir sortir de cette maudite prison ! Aujourd’hui, il serait de nouveau libre et cela grâce à Zoé.
L’esprit du démon de Xezabeth arriva chez Zoé et pénétra sournoisement dans la chambre de la jeune fille.
Il scruta celle-ci afin d’y trouver le livre. Il ne mit pas longtemps à chercher celui-ci qui trônait sur son bureau. Il saisit l’ouvrage de ses mains crochues puis se glissa par le petit trou éclairé par cette faible lueur qui se trouvait à la dernière page.
Une fois dedans, il s’engouffra tout au fond du livre et réintégra son corps dans un éclat de lumière rouge. Il était enfin libre de sortir. Mais son but n’était pas encore atteint : il lui restait encore une chose à accomplir avant de pouvoir rester définitivement sur cette terre.
Zoé s’était endormie sans difficulté ce soir-là. Elle dormait paisiblement lorsque Xezabeth se projeta hors du livre. Zoé fut réveillée par le bruit du froissement des pages. Ensuite, elle sentit un vent froid qui lui glaça le sang. Elle scruta alors sa chambre et vit la créature habillée de sa cape noire aux yeux rouges qui la fixait. Terrifiée par cette chose qui avançait vers elle, elle se mit à hurler mais aucun son n’arrivait à sortir de sa bouche. La frayeur qu’elle ressentait à cet instant même était tellement intense que tout son corps se mit à frémir de peur et les larmes se mirent à couler le long de ses joues pales. La seule chose que Zoé aurait voulu faire était de s’enfuir. Mais le démon en avait décidé autrement. Il lui restait une dernière chose à faire. Il avait donc encore besoin d’elle pour finir son travail. Il s’approcha de la jeune fille qui était toujours aussi terrorisée, puis il lui demanda d’accomplir le dernier méfait.
« Tu devras me laisser entrer dans la demeure de la famille Willard», dit-il d’une voix forte et roque.
Zoé n’osa d’abord pas lui répondre. Mais malgré la peur qu’elle ressentait vis-à-vis de cette horrible chose dégoûtante, une question lui brûlait les lèvres. Pourquoi devait-elle faire ça pour ce monstre qui lui avait fait tant de mal ? Finalement au bout de quelques secondes, elle prit une grande inspiration puis brisa le silence.
« Et pourquoi je devrais faire ça ? Faites-le vous-même, puisque vous êtes si fort ! » Dit-elle d’une voix rapide et paniquée.
« Parce que je ne peux pas le faire tout seul ! Tu es la seule à pourvoir t’approché des deux filles Willard. Et en plus, cela tombe bien puisqu’elle t’a demandé de garder sa fille ce soir. Tu n’auras qu’à me faire entrer à ce moment-là ! C’est pas plus compliqué que ça !» Lui répondit Xezabeth menaçant.
« Non ! Débrouillez-vous tout seul ! » Insista-t-elle d’une voix anxieuse.
« Tu sais ce qui va arriver si tu ne fais pas ce que je te demande ! » Rétorqua Xezabeth d’une voix roque et menaçante.
« Oui, je sais », fit Zoé, des trémolos dans la voix.
« Alors, fait ce que je te dis ! »
« Oui », fit-elle tristement en baissant la tête, les yeux larmoyant.
La peur que pouvait ressentir Zoé était de plus en plus palpable, elle n’avait pas d’autre choix que de faire ce que ce montre de démon lui ordonnait. Celui-ci s’en alla tout en fixant la jeune fille des ses yeux rouge sang, luisants tels des phares dans la nuit. Une fois parti, l’émotion de peur qu’elle avait ressentie au plus profond d’elle, retomba si bien qu’elle vacilla. S’en suivit un vertige et l’instant suivant, elle s’évanouissait, tombant lourdement sur le sol de sa chambre.
Deux heures plus tard, elle se réveilla allongée sur le parquet. Elle ouvrit lentement les yeux, puis elle releva la tête en regardant autour d’elle. Elle entreprit de se relever pour se mettre en position assise. La chambre n’était éclairée que par la lune qui reflétait ses rayons par la fenêtre dont les rideaux opaques étaient entrouverts.
L’intérieur de sa tête la brûlait comme il y avait le feu. Elle ne se sentait pas bien du tout. Elle se releva doucement du sol en se maintenant le crâne de la main droite, puis se dirigea en titubant vers son lit où elle se laissa tomber. Elle ne savait pas quelle position adopter tellement, tout son corps était meurtri pas le stress et la douleur. Il n’y avait pas un endroit où elle n’avait pas mal. Elle n’osa plus bouger de son lit. Elle resta allongée ainsi et au fil du temps, elle finit par sombrer dans le sommeil, éreintée.
Le lendemain matin, lorsqu’elle se réveilla, son mal de crâne n’avait pas disparu. Elle avait toujours cette impression d’avoir le cerveau en feu et cette douleur était insupportable. Elle se leva de son lit et se rendit à la salle de bain où elle prit un comprimé d’aspirine puis elle se déshabilla pour prendre une douche relaxante. Quelques minutes plus tard, elle ressortit de la salle d’eau avec une serviette autour de la poitrine puis traversa le couloir et retourna dans sa chambre pour s'habiller. Elle y resta toute la journée jusqu'à ce qu’il soit 18h45.
C’est à ce moment-là que Zoé se prépara à sortir pour aller garder la petite Sarah.
Demeure de Suzy
Suzy était sur le point de partir rejoindre David, qui l’avait invitée au restaurant. Elle avait donc demandé à sa baby-sitter préférée de garder la petite Sarah.
Lorsque Zoé arriva, Suzy était au téléphone avec Sam afin de savoir s’ils seraient là pour le repas de Noël et fêter en même temps l’anniversaire de sa petite fille.
La jeune femme demanda à Sam d’attendre deux minutes, le temps qu’elle puisse ouvrir la porte à Zoé. Elle saisit la poignée de la porte et ouvrit à l’adolescente qui la salua et entra dans la maison. Mais au moment de refermer la porte, le démon la poussa violemment dans l’autre sens et pénétra dans la maison.
Suzy, voyant cet être à cape noir et aux yeux rouge sang, se mit à hurler. Sam s’en inquiéta aussitôt et essaya de lui demander ce qu’il se passait.
« Oh ! Non, non, non ! Ce n’est pas vrai ! » Cria Suzy au téléphone.
« Suzy ? Suzy ! Suzy, que se passe-t-il ? Suzy ! » Interrogea Sam, angoissé.
« Sam, le démon est de retour ! Sam, aidez moi !» Hurla Suzy dans le téléphone.
« Que se passe-t-il ? » Demanda Dean inquiet en tournant la tête vers son cadet.
« Xezabeth est chez Suzy ! »
« Putain de merde ! C’est pas vrai ! Dépêche-toi Sammy, on décolle. »
Dean et Sam partirent précipitamment du motel en claquant la porte sans prendre le temps de la fermer à clé.
Dean s’installa au volant de l’impala et démarra la voiture pied au plancher.
Pendant ce temps chez Suzy, c’était la terreur et la panique totales.
Le démon, d’un simple geste, cloua Zoé immédiatement le dos au mur, si bien qu’elle ne pouvait plus bouger un seul membre.
Et de l’autre main, Xezabeth rapprocha Suzy et Sarah de lui.
Zoé observait la scène qui se passait devant elle sans pouvoir aider la maman et sa fille que le démon avait serrées contre lui.
Zoé criait à pleins poumons « Ne leurs faîtes pas de mal !» En regardant Suzy et Sarah que le démon emportait, elle ne put s’empêcher d’ajouter : « Je suis désolée Suzy. C’est lui qui m’y a obligée ! Je suis désolée Suzy….» Des larmes de désespoir coulaient sur ses joues devenues rouges.
Une fois le démon sortit de la maison, l’emprise que Xezabeth avait eue sur Zoé s’effaça comme si jamais rien ne s’était passé. Elle retomba sur le sol puis s'évanouit peu de temps après.
Dean s’arrêta devant la demeure de Suzy. Lorsqu’ils sortirent tous les deux du véhicule, ils virent que la porte d’entrée avait l’air d’avoir été maltraitée.
Ils accoururent tous les deux. Sam arriva le premier car Dean avait dû faire le tour la sa voiture par devant.
Le plus jeune poussa violemment la porte d’entrée qui s’ouvrit à la volée. La première chose qu’il aperçut fut Zoé qui était dos au mur, inconsciente. Il se précipita vers elle et vérifia si elle est était encore en vie. Il mit deux doigts sur son cou et chercha une pulsation. Il sentit le cœur de la jeune fille battre, ce qui le rassura. De son côté Dean chercha dans toute la maison afin de trouver les deux filles.
Lorsqu’il redescendit, Sam comprit à l’expression du visage de son aîné qu’il ne les avait pas trouvées.
Sam entreprit alors de réveiller Zoé. Il lui tapota le visage afin qu’elle émerge. L’adolescente ouvrit lentement les yeux avant de les refermer immédiatement. Sam essaya de nouveau de la réveiller.
« Zoé ? Zoé ! Vous m’entendez ? Allez Zoé ! Zoé ! » Fit Sam en lui tapotant toujours les joues.
Zoé avait du mal à émerger. Elle bougea la tête puis souleva lentement les paupières. Sa vision était floue. Elle arrivait tout juste à distinguer une silhouette devant elle. Lorsque sa vue s’ajusta, elle vit le visage de Sam et prit peur. Elle recula puis se mit à hurler en agitant ses bras dans tous les sens. Elle était tellement apeurée devant le visage de cet homme qu’elle n’avait jamais vu qu’elle paniqua au point d’en devenir hystérique.
« Qui êtes vous ? Ne me touchez pas !» Hurla-t-elle paniqué.
« Calmez-vous, mademoiselle. On est là pour vous aider » expliqua Sam en se rapprochant.
« Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que je fais chez Melle Willard? » Dit-elle en regardant tout autour d’elle, complément désorientée.
« Vous ne vous rappelez pas ? » Fit Sam étonné.
« Me rappeler de quoi ? Je ne vous connais même pas !»
«Vous ne vous rappelez pas de moi ? » Fit Dean en la fixant droit dans les yeux.
« Non ! Pourquoi je devrais ?» Demanda-t-elle, toujours aussi apeurée.
« Oui, vous devriez ! » Fit sèchement Dean.
Sam fixa son aîné d’un œil critique afin de lui faire comprendre que le ton qu’il venait d’employer n’était pas le bienvenu, étant donné l’état dans lequel Zoé était.
« Dean, je peux te parler ? » Demanda Sam en se relevant du sol.
« Oui, qu’est-ce qu’il y a ? » Répondit Dean d’un air mécontent.
« Tu ne vois pas qu’elle est en état de choc ?! » Argumenta Sam, déterminé à faire comprendre à son frère que la jeune fille n’était pas dans son état normal.
« Et alors ! C’est la seule qui peut nous dire où se trouvent Suzy et Sarah ! » Expliqua-il d’un ton sec.
« Dean, s’il te plait, c’est pas comme ça que tu vas obtenir des informations, alors calme-toi ! »
« Bien, ok ! Monsieur « je sais tout » ! Fais comme tu veux. »
Sam retourna près de l’adolescente.
« Zoé, vous ne vous rappelez vraiment de rien. »
« Non, je me rappelle de rien. Je suis désolée. Je ne comprends rien ! Que s’est- il passé ? Qu’est-ce que je fais ici ?» dit-elle la voix remplie de sanglot.
« Vous pouvez vous lever ? »
« Je crois que oui.»
Sam aida Zoé à se relever et la conduisit sur une chaise du salon. Les deux frères s’essayèrent en face d’elle.
« Suzy et Sarah ont été enlevées », l’informa Sam.
« Enlevées ? Et vous croyez que c’est de ma faute ? C’est ça ? » Fit-elle d'une voix énervée.
« Calmez-vous ! On ne vous accuse pas. On veut juste savoir si vous avez le souvenir de ce qui s’est passé ? Le moindre indice peut nous aider à les retrouver.»
« J’en sais rien moi ! »
« Mais bien sûr, comme c’est pratique de perdre la mémoire ! » Lança l’aîné d’un ton sarcastique.
« Dean ! »
« Quoi ? » Demanda Dean, passablement énervé.
Sam se leva et croisa le regard de son aîné puis alla remplir un verre d’eau pour la jeune fille.
« Tenez, Zoé »
« Merci » Répondit l’adolescente, les yeux embués de larmes.
Sam se remit sur sa chaise lorsqu'il fut prit soudainement d’un violent mal de tête. Il mit ses deux mains sur ses tempes pour essayer de soulager la souffrance qui venait de le prendre par surprise. La douleur ressentie était si forte qu’il tomba à genoux sur le sol.
Dean se précipita vers son frère.
« Sam ! Que ce passe–t-il ? »
« Nom de dieu que ça fait mal ! » Vociféra Sam en se maintenant la tête.
« Sam ! Sammy ! Réponds ! »
« Je viens de voir Suzy et Sarah. Elles étaient chacune sur une table attachées sous une verrière.»
« Sous une verrière ? Tu es sûr ? » S’étonna Dean, inquiet.
« Je l’avais déjà vu dans mon cauchemar. C’est ce que je n’arrivais à identifier. Le toit vitré c’était ça !» Fit Sam en se relevant du sol.
Dean aida son cadet à se relever puis demanda à Zoé, qui n’osait plus bouger en voyant ce qu’il venait de se passer devant son nez.
« Zoé, y aurait-il une verrière dans le coin ? »
« Oui, mais elle est abandonnée depuis longtemps. Elle se trouve à la sortie de la ville. »
« Où exactement ? »
« Faut longer la voix ferrée en direction de la gare.»
« Merci beaucoup Zoé. Ça va aller ? On peut vous laisser ici ?» Demanda Sam inquiet pour elle.
« Oui, enfin je pense que cela devrait aller. Je vais rentrer chez moi me reposer. »
Dean et Sam montèrent dans l’impala puis partirent pour la verrière.
* * * * * * * * * * * * * * * * * *
Xezabeth emporta les deux filles dans un endroit que lui seul connaissait. Suzy lui posa tout un tas de questions.
« Où va-t-on ? » Demanda-elle, effrayée.
« Tu le sauras bien assez tôt », dit-il d’une voix rauque.
La petite Sarah ne cessait de pleurer et Suzy essayait de rassurer sa petite fille avec sa voix douce et des mots que la petite pouvait comprendre. Mais Sarah était aussi terrorisée que sa maman. Suzy essaya par tous les moyens de savoir où le démon les emmenait. Elle avait beau poser des questions, elle n’obtint aucune réponse de cette monstrueuse créature à cape noire et aux yeux rouges.
Il pénétra dans une pièce sombre et froide dans laquelle il y avait deux tables. Il déposa la fillette sur l’une des deux et la mère sur l’autre. Puis, d’un geste rapide, il les attacha avec une lanière de cuir.
La pièce était illuminée par des bougies, disposées sur un autel. Cette force maléfique avait tout préparé pour son rituel. Suzy visionna autour d’elle pour voir où elle se trouvait. Quant à la petite Sarah, elle ne cessait de réclamer sa maman en pleurant. Xezabeth en avait marre d’entendre la fillette sangloter. Il s’approcha d’elle et d’un geste sur son visage d’enfant, lui ferma les yeux. La petite s’endormit aussitôt. Suzy était effrayée par ce qu’il se passait. Ne plus entendre sa fille, l’angoissait.
« Que lui avez-vous fait ? » Demanda Suzy d’une voix tremblante.
« Ne vous inquiétez pas, elle se repose. »
« Comment ça, elle se repose ? » Demanda Suzy paniquée.
« Elle est au pays des rêves, elle ne risque rien. »
« Au pays des rêves ? Mais qu‘est-ce que cela veux dire ?» Demanda-t-elle anxieuse.
« Ne vous inquiétez pas, je l’ai simplement plongée dans un rêve merveilleux, pendant ce temps elle ne me cassera plus les oreilles avec ses chouinements.»
Suzy était terrorisée de voir tout cela devant elle. Elle avait déjà connu ça il y a quatre ans et voilà que cela recommençait. Elle était encore attachée à une table de marbre dont elle ne pouvait pas se défaire.
Quant aux deux frères, ils étaient en route pour aider les deux filles. Sam avait toujours mal au crâne et plus il se rapprochait du lieu plus son mal de tête s’amplifiait. Dean s’inquiétait pour son cadet, le voir se frotter les tempes n’avait rien de rassurant.
« Sam, ça va aller ?»
« Oui, pourquoi ? »
« Vu la tronche que tu payes, j’espère que tu va tenir le coup »
« C’est juste un mal de tête, ça va passer ! »
« Oui ben, justement, c’est ce qui m’inquiète ! »
« Même avec un mal de tête je peux combattre, ce n’est pas ça qui va m’arrêter ! » Répondit Sam sur un ton sec fixant son aîné.
« Bon ok, si tu le dis, je te fais confiance.»
« J’espère bien que tu vas me faire confiance !» Rétorqua Sam en fixant son aîné d’un air mécontent.
« Sammy, excuse-moi, je ne voulais pas te vexer.»
« Excuses acceptées. »
Les deux frères ne mirent que dix minutes pour arriver sur place. Dean se gara quelques mètres plus bas dans la rue. Il récupéra le colt qu’il coinça à l’arrière de son pantalon et Sam prit son livre d’exorcisme.
Ils pénétrèrent prudemment dans le vieux bâtiment. Lorsque Sam entra dans la pièce il eut un frisson dans tout le corps. La salle dans laquelle ils avaient pénétré était celle de son cauchemar. Dean qui avait remarqué la mine déconfite de son cadet, pouvait lire l’angoisse sur son visage.
« Sam, ça va ? » Fit Dean en chuchotant.
« Oui, c’est juste la première pièce de mon cauchemar.»
«Effectivement cette pièce n’est pas très réjouissante », constata Dean.
« Ben tu n’as pas vu la prochaine, c’est encore pire. »
«Super ! De quel côté on va ? »
« Par là ! » Fit Sam en chuchotant et montrant du doigt la direction à son aîné.
Ils franchirent plusieurs pièces avant d’arriver dans la salle où étaient attachées les deux filles. Lorsqu’ils jetèrent un œil par le hublot de la porte, ils les virent attachées sur leur table respective.
Dean ouvrit lentement la porte de la pièce, essayant de mieux voir ce qu’il se passait. Il regarda à droite puis à gauche puis s’engagea dans la salle suivi de près par Sam. Lorsque la porte se referma, Xezabeth, qui était caché dans l’obscurité, les éjecta d’un geste. Ils s'écrasèrent contre le mur et retombèrent lourdement sur le sol. Voyant le démon se diriger auprès des deux filles, Sam et Dean se relevèrent ensemble puis Dean avança vers le démon pour l’affronter laissant ainsi son cadet libre de lire l’exorcisme. Dean parvint à attraper le démon et à l'éloigner des tables. Mais Xezabeth projeta de nouveau Dean contre la paroi. Légèrement assommé, il se redressa difficilement et revint à la charge sur le démon pour l'empêcher de s’en prendre une nouvelle fois à la petite Sarah. Suzy, de son coté, hurlait. Voir cette horrible chose toute habillée de noir s’approcher son enfant un poignard à la main, la terrifiait. Pendant que Dean combattait Xezabeth, Sam avait déjà commencé à prononcer les paroles de l’exorcisme pour affaiblir le démon.
Le jeune Winchester continuait de lire les mots en latin, affaiblissant le démon. Mais celui-ci ne se laissa pas faire. Il continua à se défendre contre Dean qui lui se battait contre son ennemi avec hargne, donnant des coups de poing un peu partout sur le démon. Même si le combat qu’il menait avec cette chose était inégal, il ne pouvait pas le laisser faire du mal à la petite Sarah. Xezabeth envoya pour la troisième fois Dean contre le mur. Sous la violence du choc, sa respiration fut littéralement coupée.
Au fur et à mesure que Sam lisait, des petits morceaux de mur tombèrent à différents endroits. Voyant que sa vitalité s’amenuisait, Xezabeth disparut dans une fumée noire quelques instants afin de reprendre des forces. Une fois le démon parti, Dean se releva rapidement et se précipita vers Suzy et Sarah. Il réussit à atteindre les deux filles et essaya de détacher Suzy dont les liens étaient très serrés, mais le tremblement fut de plus en plus violent et le toit de la verrière se craquelait à vue d’œil jusqu’au moment où il finit par céder.
Dean protégea les deux filles comme il le pouvait, afin qu’elles ne soient pas blessées. Puis il jeta un œil rapide en direction de son cadet.
« Sammm !!!» Hurla Dean.
Mais, trop tard ! Le toit de la verrière s’écroula. Sam, se protégea, mais un gros fragment de verre vient se planter dans sa jambe gauche. La douleur éprouvée fut si violente que Sam suffoqua et s’écroula lourdement au sol. Le verre qui venait de lui transpercer la chair de sa cuisse avait fait une entaille assez large et profonde. Le sang qui s’écoulait de sa blessure était important. Sam se maintenait la cuisse et affichait sur son visage plusieurs grimaces de douleur. Sa respiration était devenue de plus en plus rapide. Dean se précipita rapidement auprès de son cadet afin d’inspecter sa blessure.
Lorsqu’il arriva près de lui, Dean jeta un œil sur sa blessure. Celle-ci saignait abondamment, ce qui n’avait vraiment rien de bien rassurant.
«Laisse-moi voir !» Demanda Dean d’une voix tremblante examinant la blessure de son frère.
« Ça va aller Dean, occupe-toi de Suzy et de Sarah, je vais me débrouiller », dit Sam essoufflé en se maintenant le haut de la jambe.
« Tu es sûr ? » S’inquiéta Dean.
« Oui ! Vas-y ! » Insista Sam en hurlant sur son aîné.
Dean quitta son frère à contre cœur, mais il savait au plus profond de lui que Sam avait raison. La petite fille et sa mère avaient besoin d’être sauvé de ce démon et ce aux dépends de Sam. Il s’empressa alors de retourner auprès des deux filles.
Sam se hissa contre le mur pour se mettre assis. Il décrocha la boucle de sa ceinture et la retira de son pantalon pour la mettre autour de sa jambe et serra fortement, laissant échapper une large grimace et un long hurlement de douleur. Il essaya de se calmer puis il prit une grande inspiration et serra les dents, s’apprêtant à souffrir encore plus que ce qu’il ne le supportait déjà. Puis il empoigna le morceau de verre en prenant soin de le maintenir avec le bout de ses manches de chemise pour ne pas se couper les doigts et le retira d’un coup sec de sa jambe. La douleur ressentie, le fit hurler une nouvelle fois. Le sang se mit alors à couler plus fort et plus vite. Il resserra la ceinture un peu plus, pour atténuer le débit du sang.
Quant à Dean il s’était rapproché des deux tables sur lesquelles étaient attachées les deux filles. Il détachait un des liens de la cheville de Suzy, lorsque le démon réapparut et revint l’attaquer. Dean fut littéralement éjecté par celui-ci, atterrissant une nouvelle fois contre le mur de pierre. Sous la violence du choc, Dean sentit les pierres lui rentrer dans le dos, ce qui le fit grimacer de douleur. Puis il retomba abasourdi sur le sol. Pendant ce temps, le démon retourna auprès de la fillette et commença son rituel. Suzy voyant le démon avec un long couteau à la main et réciter son incantation, supplia celui-ci de ne pas faire de mal à sa petite fille. Mais le démon n’écoutait pas et fit abstraction des plaintes de la jeune femme et continuait de réciter son sortilège, laissant Suzy en pleures dans le désarroi total. Entre temps, Dean reprit lentement ses esprits. Voyant le démon de dos, il se remit difficilement debout puis il empoigna le colt, qui se trouvait accroché à l’arrière de son pantalon. Il appela le démon qui se retourna face à lui. Sans hésitation, Dean tira une balle. Celle-ci atteignit Xezabeth en pleine tête. Le démon hurla puis il s’écroula à genoux parterre et se désintégra dans un éclat de feu rouge éblouissant qui illumina toute la pièce. Dean protégea ses yeux et détacha Suzy et la petite Sarah puis remit la petite fille dans les bras de sa maman. Ensuite il se précipita pourvoir l’état de son cadet.
Sam qui avait perdu beaucoup de sang était affaibli. Dean arriva auprès de son frère et vit son teint blême. Il constata que sa respiration était saccadée et que quelque goutes de sueur perlaient sur son front, signe évident que la fièvre était apparue et que son état de santé était au plus mal. Il maintenait son cadet dans ses bras essayant de le faire réagir. L'aîné se passa la main droite sur son visage comme si il voulait enlever l’inquiétude qu’il éprouvait à cet instant pour son frère, mais celle-ci était toujours aussi présente.
« Sam ! Sammy ! Tu m’entends ? » Cria-t-il, paniqué.
« Crie pas si fort Dean...» Répondit Sam d’une voix faible.
« Comment tu te sens ? » S’inquiéta Dean.
« Ma jambe me fait un mal de chien ! Et j’ai la tête qui tourne. A part ça, ça roule.»
« Tu as perdu beaucoup de sang, Sammy. Faut qu’on sorte de là ! »
« Comment vont les filles ? » S’inquiéta-t-il.
« Elles vont bien Sammy, elles vont bien. On ne peut pas en dire autant de toi », fit Dean essayant de rassurer son cadet.
« Merci Dean. »
« De rien p’tit frère, tu es sûr que tu vas pouvoir te lever ? »
« Si tu m’aides, je pense que je vais pouvoir marcher », Répondit Sam, toujours aussi essoufflé.
« Aller Sammy, à trois, on décolle. »
Dean empoigna le bras de son cadet pour l’aider à se relever. Au moment où Sam déposa sa jambe sur le sol, il hurla puis il vacilla. Son aîné le rattrapa juste à temps. Soutenu, Sam grimaçait à chaque pas qu’il faisait tant la douleur éprouvée à chaque mouvement était insupportable. Tous les quatre sortirent de cet endroit funeste.
Dean installa Sam délicatement sur la banquette arrière de l’impala. Suzy et Sarah s’installèrent toutes les deux sur le siège passager, la maman prenant sa fille sur ses genoux. Dean se mit au volant et démarra pour se rendre à l’hôpital.
Très inquiet pour la santé de son petit frère, l’aîné conduisait pied au plancher. Il mit moins de quinze minutes pour arriver à l’hôpital.
A l’hôpital
Dean se gara sur le parking de l’hôpital et descendit rapidement de la voiture. Il ouvrit la portière de Sam puis il l’aida à sortir de la Chevrolet. Suzy sortit également du véhicule suivie de la petite Sarah.
Dean soutint son cadet jusqu'à l’accueil où deux infirmières et un médecin aperçurent les deux hommes entrer. Ils se précipitèrent sur eux afin de leur venir en aide.
« Que s’est-il passé ? » Demanda l’infirmière.
« Mon frère a été blessé par un gros débris de verre qui est venu se planter dans la cuisse. »
« Et comment est-ce arrivé ? » Demanda le médecin.
« On était sous une verrière et celle-ci a cédé sous le poids de la neige », mentit Dean sans reprendre son souffle tout en déposant Sam sur le chariot.
« Ne vous inquiétez pas, on va s’occuper de lui », fit le médecin qui jeta un œil sur la jambe de Sam.
« Oui Merci », répondit Dean en regardant s’éloigner le brancard.
Une infirmière invita l’aîné à se présenter à l’accueil pour remplir le formulaire d’admission. Il se dirigea vers le comptoir où la standardiste lui tendit le questionnaire. Dean mentit sur toute la ligne et signa le document d’un nom bidon comme il avait l’habitude de le faire. Il remit ensuite le tout à la secrétaire.
Suzy de son côté fut prise en charge quelques minutes plus tard par une infirmière qui examina la petite Sarah. Elle avait des blessures minimes, mais qu’il fallait absolument soigner, pour ne pas que ça s’infecte. Après cette épreuve, Dean prit l’initiative d’accompagner Suzy pour qu’elle se sente moins seule.
« Ça va aller Suzy ? » Demanda Dean inquiet.
« Oui, Dean. Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous avez fait pour nous », fit-elle les yeux larmoyants.
« De rien Suzy, c’est normal », répondit Dean d’une voix qui se voulait rassurante.
« J’espère que ça ira mieux pour Sam.»
« Merci Suzy, je suis sûr qu’il va s’en remettre », répondit-il d’une voix légèrement tremblante.
L’infirmière arriva avec un plateau et commença à désinfecter les petites plaies de Sarah.
Suzy maintenait sa petite fille, pour la rassurer de sa présence. Dean resta aux côté de Suzy jusqu'au moment où les soins prodigués à Sarah furent terminés.
Les deux jeunes personnes lui serrèrent la main et quittèrent la salle de soins.
Dean retourna à l’accueil prendre des nouvelles de son frère. Suzy le suivit et alla s’asseoir dans la salle d’attente.
« Bonjour mademoiselle » fit-il, l’air sérieux.
« Bonjour jeune homme », lui répondit la jeune femme en blouse blanche, avec le sourire.
« Pourrais-je avoir des nouvelles des mon frère, s’il vous plait ? »
« Quel est son nom ? » Demanda-t-elle.
« Samuel Whitman », répondit Dean anxieux.
La jeune femme chercha dans son ordinateur et trouva le dossier de Sam.
« Il est toujours en chirurgie. Dès qu’il sera dans sa chambre, je vous préviendrais.»
« Merci mademoiselle.»
Dean devait attendre pour avoir des nouvelles de son frère. Ne pouvant rien faire de plus, il proposa de ramener Suzy chez elle. Il ouvrit la portière arrière de l’impala et Suzy, qui portait Sarah dans ses bras, l’installa sur la banquette. Dean démarra en direction de la demeure de Suzy. Pendant le trajet la jeune femme demanda des nouvelles de Sam.
« Alors, comment va Sam ?»
« Je n’ai pas pu le voir. Il était encore en chirurgie. Ils me préviendront quand il sera dans sa chambre. Et vous, ça va aller ? » Répondit Dean à la jeune femme d’une voix anxieuse.
« Je pense que oui. Cela fait deux fois que vous et votre frère me sauvez la vie. Je ne sais pas comment vous remercier. Vous êtes vraiment formidables ! » Fit-elle d’une voix fine, les yeux embués de larmes.
« De rien, c’est normal. »
Dean se gara juste devant la maison de Suzy. Il coupa le moteur de l’impala et descendit pour aller ouvrir la portière arrière. La jeune femme sortit et prit Sarah dans ses bras. Dean referma la portière et Suzy fit un baiser sur la joue de Dean pour le remercier de ce qu’il avait fait pour elle et sa petite fille. Sarah, quant à elle, du haut de ses trois ans et demi, fit un câlin à Dean en le prenant par le cou et lui dit de sa petite voix d’enfant « merci monsieur Dean.» Il fut si surprit qu’il répondit par un léger sourire béat en retour. Les deux filles se dirigèrent ensuite vers leur domicile et Suzy ouvrit la porte. Dean lui fit un petit au revoir de la main puis remonta dans l’impala et reprit ensuite la direction de l’hôpital, espérant que Sam serait sorti de la salle d’opération et qu’il pourrait enfin le voir. Une fois arrivé sur place, il retourna à l’accueil où il se renseigna.
La standardiste lui indiqua le numéro de sa chambre. Dean longea le couloir de l’hôpital, puis arriva devant la porte. Il prit une grande inspiration avant de saisir la poignée. Il ouvrit lentement et rentra doucement puis referma la porte avec précaution, afin de ne pas réveiller Sam qui dormait encore. Il empoigna la chaise qui était placée le long du mur et la rapprocha du lit de son frère. Il s’y assit et fixa, quelques instants, son cadet endormi. Il semblait si paisible dans son sommeil. Dean le surveillait activement mais au fil des heures, il s’écroula littéralement de fatigue et s’endormit la tête sur le bord du lit. Au levé du jour, Sam ouvrit lentement les paupières. Sa vue était floue. Ses yeux s’habituèrent progressivement à la lumière du jour. Il scruta ensuite la pièce et aperçut son aîné qui dormait la tête sur le bord du lit. Il eut un léger sourire et essaya de le réveiller. Il bougea sa main et toucha l’épaule de son frère en le secouant à plusieurs reprise pour qu’il se réveille mais Dean avait, semble-t-il, le sommeil très lourd car il n’avait même pas bougé d’un cil. Sam le fixa quelques secondes, l’air pensif puis il hurla son prénom, « Dean !!! » Ce qui fit évidement sursauté l’interpelé dans son sommeil.
«Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? » Fit Dean en sursaut, essoufflé complètement désorienté.
« Salut Dean. Enfin réveillé ! » Fit Sam, l’air amusé.
« Non, mais ça va pas ?! Tu m’as fait peur !» S’exclama Dean en fixant son cadet d’un air surpris et mécontent.
« Je t’ai secoué mais tu ne te réveillais pas. Avec un hurlement, j’étais sûr que ça marcherait. La preuve, tu es réveillé. Si tu avais vu ta tronche. »
« Je vois que tu te sens mieux. »
« Ouep, mis à part un mal de tête et une envie de vomir, je me sens mieux. »
« Content de te voir en forme Sammy », fit Dean en prenant son frère par le cou.
« Merci Dean. Et comment vont les filles ? »
« Je les ai ramenées chez elle. Elles vont pouvoir se reposer.»
« Super !»
Quelqu’un frappa à la porte de la chambre de Sammy. Les deux frères dirent « Entrez » en même temps. La porte s’ouvrit et le médecin entra dans la pièce. Il serra la main des deux frères, puis posa les questions habituelles.
« Comment vous sentez-vous, Monsieur Whitman ? »
« Mieux, merci »
« Pas de maux de tête ou de nausées ? »
« Non », mentit Sam.
« Votre température est encore légèrement élevée, mais tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici quelques jours », fit le médecin en regardant la fiche de Sam.
« Quand pourrais-je sortir ? » Osa demander Sam.
« Oh pas si vite jeune homme ! Vous venez d’être opéré d’une blessure plutôt importante et vous avez perdu beaucoup de sang, alors il va falloir attendre encore un peu pour que tout rentre dans l’ordre. Si tout va bien, vous sortirez d’ici une dizaine de jours », expliqua le médecin.
« Dix jours !» Fit Sam, effaré.
« Et oui, jeune homme. Vous avez besoin de repos.»
« Ok alors, si je n’ai pas le choix », répondit le cadet d’un air déçu.
« L’infirmière va venir vous donner vos antibiotiques et analgésiques. Sur ce, messieurs, je vous laisse. J’ai d’autres patients à voir », expliqua le docteur en empoignant une à une la main de chacun des frères.
«Au revoir, docteur et bonne journée », dit Sam au médecin.
Celui-ci quitta la chambre. Une fois le docteur sortit, Sam qui n’était vraiment pas d’accord pour rester dix jours dans cet hôpital, en fit part à son aîné.
« Dean ? »
« Oui, Sammy.»
« Je te préviens tout de suite, je ne reste pas dix jours enfermé ici. J’espère bien foutre le camp avant », râla Sam d’un air très sérieux.
« Sam… Sam… Sam… Si le doc te dit de rester dix jours c’est que tu en as besoin, alors ne discute pas ! » Répondit Dean en secouant la tête.
« Ça c’est ce qu’on verra. Dès que je peux marcher, je quitte cet hôpital !»
« De toute façon, je ne pourrais pas t’en empêcher. Tu n’en fais toujours qu’à ta tête, mon petit Sammy.»
« Merci Dean. »
« De rien petit frère. Je vais te laisser te reposer, on se revoit demain.»
« Oui, à demain, Dean.»
« A demain, Sammy.»
Dean quitta la chambre puis retourna au motel, où il prit une bonne douche relaxante, puis se faufila sous la couette.
Sam était resté une semaine dans cette chambre d’hôpital où il n’y avait vraiment rien à faire. Heureusement, Dean venait chaque jour lui rendre visite.
Les va-et-vient qui se produisaient quotidiennement commençaient sérieusement à l’agacer.
Chaque matin vers sept heures et demie, la cantinière apportait le petit déjeuner. Une demi-heure plus tard, les infirmières arrivaient pour faire les soins avec prise de température, désinfection de sa blessure à la jambe, puis ingestion de médicaments.
Vers neuf heures, le médecin passait invariablement voir son patient. Toute cette routine lui sortait par les yeux. Enfin le jour tant attendu, où le médecin proposa à Sam de sortir de cette prison aseptisée, arriva. Mais il imposa certaines conditions bien précises. Sam devait se reposer un maximum et sa jambe devait rester le plus possible allongée.
Il n’en fallut pas plus pour que Sam accepte ces contraintes, la seule chose qu’il voulait depuis longtemps, étant de pouvoir être enfin libre de ses mouvements.
Il quitta avec hâte l’hôpital accompagné de son aîné.
Les deux frères étant invités chez Suzy pour fêter Noël, ils remontèrent en voiture puis partirent chez elle.
Arrivés sur place, Sam prit sur la plage arrière les deux cadeaux pour la petite Sarah. Puis ils descendirent de la voiture et se dirigèrent vers la porte d’entrée sur laquelle le plus jeune des Winchester frappa trois coups bien nets. La porte s’ouvrit et ils furent accueillis à bras ouverts par Suzy.
« Oh, super, vous êtes venu ! Ne restez pas là, entrez !» Fit Suzy enjouée.
« Merci Suzy.»
« Comment allez-vous Sam ? »
« Mieux, merci.»
« Je suis tellement contente de vous voir. »
« Nous aussi, Suzy. Et Sarah comment va-t-elle ? » Demanda Sam.
« Beaucoup mieux et c’est grâce à vous deux. Je ne vous remercierai jamais assez. »
« C’est rien Suzy, c’est normal. Tenez, c’est le cadeau de Sarah.»
« Oh ! Mais il ne fallait pas ! »
« J’espère que cela lui plaira », répliqua Sam avec le sourire.
Quelques minutes après, David, le nouveau compagnon de Suzy, entra dans la maison. Il salua les deux frères. Puis ils passèrent le repas de Noël ensemble. Suzy invita Sam et Dean à dormir chez elle afin qu’ils puissent voir Sarah déballer ses cadeaux qui étaient placés sous le sapin.
Les deux frères acceptèrent avec joie cette invitation spontanée.
Ils aidèrent Suzy et David à déménager le lit de la petite Sarah dans la chambre de Suzy. Ensuite, ils installèrent les deux lits de camps. Une fois terminé, chacun prit une douche à tour de rôle et tout ce petit monde s'endormit.
Aux environs de huit heures du matin, la petite Sarah sortit toute seule de son lit parapluie et se dirigea vers la chambre des deux frères.
Elle pénétra dans la pièce et monta sur le lit de Dean. Elle se mit à califourchon sur son dos, ce qui évidemment le réveilla. Il se demandait bien ce qui pouvait peser aussi lourd sur ses reins. Il ouvrit alors les yeux, tourna la tête en direction de son dos et vit alors la petite fille sur lui. Il se retourna lentement et l’attrapa pour ne pas qu’elle tombe. Sarah riait aux éclats et fit à Dean une bise sur la joue en lui disant « Bonjour monsieur Dean !» Puis elle se retourna vers Sam qui aux éclats de rire de la petite fille se réveilla également. Sarah lui fit aussi une bise sur la joue en lui disant « Bonjour monsieur Sammy ». Les deux frères se regardèrent en souriant. Voir cette petite fille aux sourire d’ange pleine de vie était pour eux la récompense de leurs efforts. Sarah retourna ensuite dans la chambre de sa maman et la réveilla avant de faire de même avec David. Tout le monde étant éveillé, ils se levèrent et descendirent dans la salle à manger ou trônait un magnifique Sapin. La petite Sarah se précipita en dessous puis déballa tout les cadeaux. Suzy offrit un cadeau à chacun des deux frères qui ne s’y attendaient pas.
« Tenez, c’est pour vous » Dit-elle avec le sourire.
« Pour nous ? » S’étonnèrent les deux frères surpris.
« Oui »
« Mais il ne fallait pas Suzy », répondit Sam, l’air gêné.
« Mais bien sûr que si, Sam ! Vous avez tellement fait pour nous que c’était la moindre des choses. »
« Merci beaucoup Suzy », firent les deux frères en même temps.
Dean déchira le papier pour découvrir un autoradio lecteur CD. Il fut Surprit par ce qu’il venait de recevoir. Suzy lui expliqua qu’il était temps de changer son vieil autoradio cassettes qui de nos jours était démodé.
Dean se dit que Suzy n’avait pas tord et qu’il était peut-être temps de le changer. Il la remercia en lui faisant un grand sourire Béat.
Quant à Sam, il reçut un livre sur les noms de tous les démons existants et les sorcières. Suzy avait pensé que dans leur job cela pouvait être très utile. Sam fut content de ce cadeau. Il remercia Suzy en lui faisant un baiser sur la joue. Quant à la petite Sarah, elle déchira les papiers de tous ses cadeaux avec enthousiasme. Elle remercia sa maman et David puis Sam et Dean par de gros câlins. Puis elle alla jouer avec sa dinette et ses poupées. Les deux frères étaient heureux d’avoir pu passer un Noël en famille.
Suzy prépara le petit déjeuner. Pendant ce temps, les deux frères observaient la petite Sarah. Elle jouait comme si rien ne s’était passé. Puis, Suzy invita tout le monde à se mettre à table. Ils dégustèrent le repas plus que copieux dans la bonne humeur.
Quelques heures passèrent et il fut temps que les deux frères s’en aillent. Ils remercièrent Suzy et David pour ce merveilleux instant en famille, puis ils quittèrent la demeure de Melle Willard et repartirent pour le motel. A la vue des nuits sans sommeil et de la blessure dont avait été victime son cadet, Dean, avec l’accord de Sam, prit la décision de rester quelques jours de plus dans la ville. Mais le lendemain matin le téléphone de Dean émit une sonnerie. Il se réveilla et chercha en tâtonnant avec sa main son portable. Lorsqu’il le trouva enfin, il l’empoigna puis il décrocha les yeux encore embués de sommeil. Il entendit alors la voix de Bobby qui l’informa d’une nouvelle affaire. Les deux frères quittèrent alors la chambre et reprirent la route.
